Altadis (ex-Seita) : Face à la colère des salariés, la direction fait appel aux CRS29/01/20042004Journal/medias/journalnumero/images/2004/01/une1852.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Altadis (ex-Seita) : Face à la colère des salariés, la direction fait appel aux CRS

Vendredi 23 janvier, des centaines de salariés venus des usines de plusieurs villes ont manifesté devant la direction générale d'Altadis à Paris, à l'occasion d'une réunion extraordinaire du comité central d'entreprise concernant le plan de licenciements annoncé pour les mois à venir.

700 emplois doivent être supprimés en France et plusieurs usines seraient fermées. L'appel à la grève des syndicats a été suivi à plus de 85% dans les usines de Lille, Tonneins (Lot-et-Garonne), Riom (Puy-de-Dôme), ou Nantes et Morlaix (Finistère).

A leur arrivée devant le siège d'Altadis, près de la bibliothèque François-Mitterrand, les manifestants ont été accueillis par des cordons de CRS.

Raffarin, qui s'était dit "choqué" par l'annonce du "plan social" d'Altadis en juillet 2003, ne fait rien pour empêcher cette entreprise de supprimer des emplois. Par contre, il envoie les CRS pour protéger les bâtiments de la direction générale.

Celle-ci n'avait pas apprécié que ses murs soient maculés de peinture lors de la manifestation précédente en décembre. Et surtout, elle ne supporte pas que les salariés essaient de s'opposer à son plan de restructuration.

Cet accueil a encore attisé la colère et notamment celle de jeunes venus de l'usine de Lille. En effet ces jeunes ouvriers ont été embauchés depuis peu, certains depuis moins d'un an. Beaucoup avaient démissionné d'un autre travail pour rejoindre Altadis, et on leur dit maintenant qu'ils risquent d'être jetés dehors, puisque l'usine va fermer.

En réponse à cette colère, et à quelques jets de projectiles, les CRS ont chargé les manifestants en les repoussant sans ménagement sur le boulevard, en plein milieu de la circulation, provoquant des incidents avec les automobilistes. Une manifestante a été blessée par les CRS.

Le plan de restructuration annoncé l'été dernier prévoit 1700 suppressions d'emplois en France et en Espagne (voir LO n°1828). Six usines doivent fermer. En France, l'usine de Lille qui compte 500 travailleurs, ainsi que celles de Tonneins et de Dijon sont condamnées par la direction. Malgré les départs en retraite prévus et les mutations annoncées vers les usines de Nantes ou de Riom (près de Clermont-Ferrand), l'avenir de plus de 500 salariés est en suspens.

La réunion du comité central d'entreprise (CCE) du vendredi 23 janvier devait étudier une expertise demandée par les syndicats. Or celle-ci démontre que l'usine de Lille est l'un des sites les plus rentables pour la fabrication de tabac et que rien ne justifie sa fermeture. Les bénéfices d'Altadis ont doublé en trois ans (avec 477 millions d'euros en 2002) et les prévisions de fabrication augmentent d'ici 2006. Les raisons de ce plan de restructuration sont uniquement financières pour la direction, qui envisage de délocaliser une partie de la production.

Maintenant les travailleurs d'Altadis savent à quoi s'en tenir. Ils ont vu les CRS à l'oeuvre à l'appel de la direction. Leur colère n'est pas retombée et ils sont décidés à ne pas se laisser faire.

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