Giat Industries (Saint-Chamond - Loire) : La direction prépare-t-elle ses cadeaux ?25/12/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/12/une1847.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Giat Industries (Saint-Chamond - Loire) : La direction prépare-t-elle ses cadeaux ?

Sur le site du GIAT de Saint-Chamond, près de Saint-Etienne, le bras de fer entre la direction et les travailleurs qui ne veulent pas de son plan, proposé en avril dernier, se poursuit.

Rappelons que ce plan, qui touche tous les sites de cette entreprise d'État de fabrication de matériel d'armement, prévoit de supprimer près de 4000 des 6250 emplois actuels et de fermer trois sites, dont celui de Saint-Chamond (560 salariés).

Le conflit se manifeste depuis quelques semaines par la volonté des travailleurs de prendre des gages en bloquant dans l'usine une certain nombre de matériels terminés. Le dernier épisode s'est déroulé lundi 15 décembre où les travailleurs ont interrompu, en soirée, le chargement d'une tourelle de marine. Pour le moment, les travailleurs exercent une surveillance pendant les heures de travail.

La période de fin d'année voyant l'usine fermer pour deux semaines, il fallait décider quoi faire des locaux pendant ces quinze jours. Une assemblée générale du personnel s'est tenue à ce sujet jeudi 18 décembre, avec presque tout le personnel présent, soit environ 300 personnes. Elle commença par les interventions des responsables syndicaux. Celui de la CGT adopta un ton combatif, sut bien critiquer une direction et un gouvernement qui travaillent en tandem: «Ils sont capables de sortir sans délai 700 millions d'euros pour sauver la mise à un Pinault, mais ils ne veulent pas entendre parler de consacrer 500 millions pour sauver notre site». Il affirma que l'on ne pouvait pas donner quitus à la direction pour son intention de récupérer le matériel mis sous surveillance. Le responsable CFDT fut plus en retrait, puisqu'il proposait que les travailleurs gardent les matériels fabriqués pour l'État, mais pas ceux fabriqués pour le privé. Personne ne comprit cette nuance et il ne fut pas applaudi. Le responsable FO affirma lui aussi que l'on ne pouvait pas donner à l'avance carte blanche à la direction pour les matériels bloqués.

Les interventions de l'assemblée elle-même commencèrent alors. Plusieurs intervenants affirmaient leur volonté de ne pas se laisser faire. L'un d'eux disait: «Départ de matériel ou pas, la lutte doit continuer après les congés», un autre, partisan de prendre des mesures y compris pendant les deux semaines de congé, affirmait: «Ou c'est la dinde de Noêl à l'usine, ou alors, demain, nous l'aurons au Restaurant du coeur». Un autre travailleur posa la question en terme de défi de la direction, défi qu'il proposait de relever en organisant une garde pendant les deux semaines. Puis le responsable CGT fit procéder aux votes à main levée. Sa première proposition: «Ne pas donner quitus à la direction pour le départ des fabrications» recueillit 90% des voix. La deuxième proposition: «Organiser à cet effet une garde pendant les congés» ne recueillit que vingt voix, dont celles de militants CGT.

La direction sait que si elle fait enlever des matériels pendant ces deux semaines, elle risque des réactions violentes à la rentrée.

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