Chirac et l'école : Une fois de plus, le coup de la "fracture sociale"28/11/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/11/une1843.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

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Chirac et l'école : Une fois de plus, le coup de la "fracture sociale"

Prenant prétexte du "Débat sur l'école" initié par son gouvernement, Chirac a déclaré vouloir une "école plus sûre de ses valeurs, plus efficace et plus juste". Il dénonce les "zones d'ombre du système": le pourcentage des étudiants d'origine modeste qui ne progresse plus, les 15% des enfants maîtrisant mal la lecture, les sans-diplôme en fin de scolarité, les inégalités entre établissements, et l'on en passe.

Chirac découvre la réalité. Mieux vaut tard que jamais, si cela devait se traduire par des mesures destinées à mettre fin à ce triste constat. Car c'est vrai que les élèves issus de milieux modestes risquent de sortir du parcours scolaire sans qualification. Et plus ils sortent sans qualification et plus ils risquent d'être touchés par le chômage. A l'inverse, près de 90% des enfants de cadres sont bacheliers, alors que la moitié seulement des enfants d'ouvriers le sont. Et les proportions se creusent si l'on considère uniquement le bac général, les enfants d'ouvriers se dirigeant majoritairement vers des bacs technologiques ou professionnels.

Ce qui est frappant, c'est la stagnation, sinon le recul, de tous les indicateurs qui avaient traduit durant les décennies précédentes une amélioration de la situation scolaire. Ainsi en est-il de la proportion de jeunes sortant sans qualification à l'issue de leur scolarité, ou encore de la durée totale de scolarité.

Cette situation correspond à la stagnation des moyens réels mis à la disposition des élèves. La scolarisation des enfants de deux ans est en recul. Dans les collèges et les lycées généraux, le nombre moyen d'élèves par classe ne connaît pas d'amélioration notable. Et encore, le calcul des programmes donne une image fausse de la réalité et, entre autres, de la disparité qui existe dans les zones les plus pauvres. Le taux moyen d'encadrement des élèves par les adultes de l'Éducation nationale ne s'améliore guère. Quant au pourcentage des dépenses d'éducation dans la production des richesses nationales, elle tend à régresser ces dernières années. Tout cela figure dans les enquêtes du ministère de l'Éducation nationale.

La main sur le coeur, Chirac affirme que "la France ne saurait laisser perdurer à l'école, c'est-à-dire au coeur même de la République, ces ferments d'inégalité". Ces trémolos relèvent du registre de la fameuse "fracture sociale", on en viendrait presque à se demander s'il est vraiment président de la République depuis huit ans!

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