Portugal : La politique du gouvernement contestée16/10/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/10/une1837.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Portugal : La politique du gouvernement contestée

Jeudi 9 octobre, les postiers portugais ont fait une journée de grève nationale. Le gouvernement veut en effet leur imposer une restructuration qui se traduit par des suppressions d'emplois, des fermetures de bureaux dans de nombreux villages et des menaces de privatisation des secteurs les plus rentables.

Au même moment le monde étudiant est en pleine effervescence contre le gouvernement qui veut "réformer" l'enseignement supérieur en réduisant le nombre de places dans les facultés, en augmentant fortement les droits d'inscription, qui de plus varient selon les filières, et en voulant imposer des critères de rentabilité aux universités. Les grèves étudiantes se succèdent. Par exemple elles toucheront tout l'enseignement supérieur de Lisbonne du 21 au 24 octobre.

Cette fronde étudiante s'est renforcée suite à un scandale. On a découvert que le ministre des Sciences et de l'Enseignement supérieur avait accordé un passe-droit pour inscrire en faculté de médecine, là où le quota imposé est le plus sévère, la fille de son collègue des Affaires étrangères. Les deux compères ont dû démissionner, le Premier ministre Durao Barroso ayant choisi de vider l'abcès plutôt que d'avoir à défendre ses ministres, en plus de sa réforme. Mais l'agitation continue de plus belle.

Durao Barroso mène la même politique que les autres gouvernements européens, en réduisant les dépenses publiques: le seul budget en augmentation est celui de la Défense. Il baisse les impôts directs et prétend favoriser les créations d'emplois en faisant des cadeaux aux industriels. Il veut modifier la législation sociale, pour imposer plus de flexibilité dans la réglementation du travail.

Cela n'empêche pas le chômage de croître (20000 chômeurs de plus recensés en août) ni les entreprises de fermer. Certaines régions sont littéralement sinistrées, comme le nord du pays où les usines textiles ferment les unes après les autres.

C'est cette politique antiouvrière et antipopulaire que sanctionnent la grève des postiers et l'agitation universitaire.

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