Pas de modération salariale pour les PDG09/10/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/10/une1836.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Pas de modération salariale pour les PDG

Les faillites boursières font ressurgir, de loin en loin, la question de la rémunération des chefs d'entreprise. On l'a vu tout récemment en France, avec les polémiques soulevées par la prime de fin d'activité promise à l'ex-PDG de Vivendi, Messier. Outre-atlantique, il y a eu différents scandales comme Enron ou Worldcom. Une commission du parlement français aurait même l'intention d'interroger des chefs d'entreprise parmi les mieux rémunérés et de les inviter à un peu plus de transparence.

En tête du "hit-parade" des patrons les mieux payés, on trouve les PDG de L'Oréal (6 millions d'euros par an en 2002), Vinci (3 millions d'euros), Carrefour (2,6 millions), le pollueur-non payeurTotal (2,4), les licencieurs Danone (2,4) et Aventis (2), Pernod-Ricard (2,4), Suez (2,2), Axa (1,9), Peugeot (1,9) etc. Il s'y ajoute, huit fois sur dix, des stock-options, des paquets d'actions variant selon les cas de 20000 (Lafarge) à 800000 actions (Axa).

La modération salariale prônée par les chefs d'entreprise quand ils s'adressent à leurs employés n'est pas de mise quand il s'agit de leurs propres revenus. Ces vingt dernières années, les astuces permettant d'augmenter la rémunération des PDG se sont multipliées.

La partie fixe du salaire est établie par comparaison avec les salaires des autres pays. L'internationalisation des groupes et surtout l'explosion des revenus des chefs d'entreprise américains ont tiré les rémunérations vers les sommets. En 1980, le salaire moyen d'un PDG américain valait 42 fois celui d'un ouvrier moyen, mais 531 fois celui d'un ouvrier en 2000. Et c'est pourquoi en France, en 2001, 39 des principaux PDG français touchaient une rémunération moyenne (salaire + stock-options) de 7,4 millions d'euros soit 554 fois le SMIC. La partie variable du salaire est décidée par le conseil d'administration, qui n'a le plus souvent rien à refuser à son PDG. S'y ajoutent des retraites à faire pâlir les salariés puisqu'elles assurent 60 à 80% des dernières rémunérations du PDG. Et, pour couronner le tout, il y a les avantages en nature (voitures, avions, prêts immobiliers à des taux avantageux, etc.), les primes de bienvenue ou d'adieu qui peuvent atteindre facilement plusieurs millions d'euros.

Actuellement, une entreprise sur quatre continue, en dépit de la loi, à cacher le montant des rémunérations des principaux dirigeants, sans être pour autant inquiétée. Et si la mission parlementaire voudrait un peu plus de transparence de la part des PDG et des conseils d'administration, c'est vis-à-vis des actionnaires. Vis-à-vis des salariés, actionnaires et PDG préfèrent que le flou continue de régner.

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