La "solidarité nationale" : Un cheval pour les travailleurs, une alouette pour le patronat25/09/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/09/une1834.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

La "solidarité nationale" : Un cheval pour les travailleurs, une alouette pour le patronat

Raffarin n'abandonne pas son idée de supprimer un jour férié pour financer un prétendu "fonds de solidarité" pour les personnes âgées, même si beaucoup, dans son entourage, en soulignent les difficultés techniques, sans parler des difficultés sociales qu'il pourrait rencontrer dans la mise en place d'une mesure injuste. En tout cas, Raffarin a prévu que le Parlement discute dès cet automne de son projet de loi.

Raffarin prévoit de ne pas limiter sa conception de la "solidarité nationale" aux salariés du privé qui devront travailler gratuitement un jour de plus. Les fonctionnaires seront aussi concernés, l'argument avancé étant que "leur travail, un jour férié, permettra aux Français d'avoir un jour de plus pour faire renouveler leurs papiers"...

L'argument ne tient évidemment pas la route -si les gens travaillent ce jour-là, ils n'auront bien sûr pas le temps d'accomplir des démarches administratives- et le gouvernement le sait bien. Mais peu lui importe. Ce qu'il veut, c'est supprimer un jour férié, donc imposer un jour de travail supplémentaire à des millions de travailleurs, du privé comme du public, un point c'est tout. Cela, le gouvernement a le culot de le qualifier de réhabilitation de la "valeur travail". Sans doute parce que cette journée devrait rapporter des recettes fiscales supplémentaires à l'État.

Quant aux employeurs, ils verseraient l'équivalent d'un jour de leur masse salariale (au maximum 0,46% de la masse salariale annuelle), à charge pour eux de la récupérer sur le dos des salariés en rentabilisant leur travail au maximum.

Mais le gouvernement n'entend pas s'arrêter là. Pour, prétend-il, plus de justice sociale, il souhaite aussi mettre à contribution les retraités et les chômeurs! Pour l'instant, il n'envisage pas de piquer dans le sébile des SDF... faute, sans doute, de connaître leur adresse.

Quant aux revenus du capital, eux, ils "pourraient" (dit-on, au gouvernement, en employant le conditionnel) être taxés. Mais même si cela devait se faire, il y a fort à parier que ce ne serait que symbolique. Surtout au regard des milliards d'euros de nouveaux cadeaux fiscaux, de dégrèvements et exonérations dont ce gouvernement a déjà fait bénéficier, en seulement un an, les détenteurs de capitaux et les riches en général.

Mais surtout, invoquer la prétendue "solidarité nationale" pour mettre sur le même plan les chômeurs en fin de droit et ceux qui accumulent des millions d'euros supplémentaires sur l'appauvrissement de l'ensemble des travailleurs et des chômeurs, c'est tout simplement révoltant.

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