La grève dans la métallurgie est-allemande19/06/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/06/une1820.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

La grève dans la métallurgie est-allemande

C'est dès le mois d'août dernier que les dirigeants de l'IG Metall ont annoncé leur intention d'engager, en 2003, la mobilisation pour l'obtention des 35 heures à l'Est. En effet, dans les länder qui correspondent à l'ancienne RDA, l'horaire légal est encore, treize ans après la réunification, de 38 heures, contre 35 heures à l'Ouest. Les salariés travaillent donc trois heures de plus, offertes gratuitement aux patrons.

Même si, du fait des heures supplémentaires, l'horaire réel effectué est dans la réalité largement supérieur, les travailleurs est-allemands ressentent comme une profonde injustice cette différence de traitement. Cette situation, ajoutée au chômage massif qui règne à l'Est, fait que des milliers de salariés cherchent du travail à l'Ouest, quitte à subir des temps de transport démesurés, ou déménagent tout simplement, ce qui contribue à dépeupler l'est de l'Allemagne. En janvier l'IG Metall a donc dénoncé la convention collective qui régit le temps de travail et qui concerne 310000 travailleurs. Elle a entamé des négociations avec le patronat, qui ont duré de février à avril. Comme celui-ci n'a rien voulu entendre et que la période de "paix sociale obligatoire" (acceptée par le syndicat dans la convention collective) expirait au 30 avril, elle a entamé des débrayages "d'avertissement" à partir du 5 mai. Puis, fin mai, comme les patrons opposaient toujours une fin de non-recevoir, un vote a été organisé parmi les syndiqués, mais pas dans tous les districts. Les sidérurgistes ont voté pour la grève à 83% et les métallos à 79%. La grève a alors commencé le 2 juin.

En réalité il s'agit d'une grève tournante, où les dirigeants du syndicat choisissent, jour par jour, les entreprises et les travailleurs (les équipes, les services, etc.) qui vont y participer. Cette façon homéopathique d'organiser le combat ne contribue évidemment pas à ce que les travailleurs puissent vraiment mesurer leur force.

A l'heure où nous écrivons, un compromis a été trouvé pour la sidérurgie. Il prévoit un alignement sur les 35 heures... d'ici 2009. Mais une clause permet de repousser cette limite si les conditions économiques se détériorent. Ce qui pourrait conduire à 2012! On est donc loin de l'introduction immédiate des 35 heures. Mais dans la métallurgie et l'industrie électronique, le patronat ne veut rien entendre et les grèves se poursuivent.

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