Une retraite complémentaire "spéciale PDG" : On n'est jamais si bien servi que par soi-même08/05/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/05/une1814.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Une retraite complémentaire "spéciale PDG" : On n'est jamais si bien servi que par soi-même

En avril dernier se tenait l'assemblée générale des actionnaires d'Alcatel. Un peu auparavant, ceux-ci, déjà irrités par un cours de l'action en chute libre (elle est tombée de 90 à 7,24 euros), avaient pu apprendre les avantages que le groupe Alcatel n'en avait pas moins continué d'accorder à son PDG, Serge Tchuruk: notamment une retraite complémentaire somptuaire...

En effet, le 7 mars dernier, le conseil d'administration lui a d'abord accordé 500000 stock-options au prix unitaire de 6,70 euros. En 2007, le PDG pourra donc acheter ces actions et les revendre aussitôt. Si dans l'intervalle le cours de l'action a remonté, il empochera une belle plus-value. A titre indicatif, une "levée" antérieure de 250000 actions de ce type lui a déjà rapporté 10 millions d'euros, venus s'ajouter à un salaire déjà confortable (2,7 millions d'euros annuels en 2001). Au total, depuis 2001, il a ainsi bénéficié de 1,5 million de stock-options.

Mais tout cela n'est finalement que la routine de la dure vie des PDG des grands groupes capitalistes, illustrée par ailleurs par les péripéties du procès Elf. Il y a mieux encore.

Au moment où le gouvernement ment à tout le pays en expliquant que le système des retraites est exsangue, qu'il va être "tué" par l'arrivée des "baby-boomers" à l'âge de la retraite, afin de justifier l'attaque qu'il prépare contre les retraites du public comme du privé, on apprenait que le même conseil d'administration, décidément tout miel avec son PDG ou tout simplement inspiré par lui, a aussi décidé de lui accorder une retraite complémentaire, dont un ex-directeur du groupe bénéficie déjà, qui garantit une rente équivalant à 50 ou 60% de ses derniers salaires (ce qui devrait représenter au moins un million d'euros par an venant s'ajouter à sa retraite "normale"... et à ses stock-options). Il est également prévu -décidément il ne devrait manquer de rien!- qu'au moment où il quittera ses fonctions de PDG, Tchuruk empochera une prime de cessation d'activité équivalant à deux ans de salaire (plus de 5 millions d'euros au total!), un peu plus que le directeur évoqué plus haut qui n'a empoché "que" dix-huit mois.

Puisqu'on vous dit que c'est dur pour tout le monde...

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