Le Pen à la télé : Chirac-Raffarin-Sarkozy font sa politique08/05/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/05/une1814.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Le Pen à la télé : Chirac-Raffarin-Sarkozy font sa politique

Le Pen pouvait plastronner lors de l'émission "100 minutes pour convaincre" sur France 2, à laquelle il était invité le 5 mai. D'autant que ceux qui avaient été choisis pour l'interpeller lors de cette émission faisaient assaut pour montrer qu'ils pratiquaient le lepenisme, chacun à leur façon, mieux que Le Pen lui-même

Le chevènementiste Max Gallo tressait les louanges du politicien d'extrême droite qui avait su, disait-il, "remettre au centre du débat politique les valeurs de la "Nation"". Un député UMP, bras droit de Sarkozy, expliquait que le ministre de l'Intérieur ne faisait rien d'autre que de mettre en pratique les idées du Front National. L'ancien porte-parole de Jospin, Valls, se flattait devant le leader de l'extrême droite des mesures sécuritaires qu'il avait mises en place dans la ville dont il est maire.

Le Pen n'a évidemment pas raté l'occasion pour ironiser devant ce monceau d'hommages indirects et cet assaut de flagorneries. Il en a profité pour expliquer, une fois de plus, que s'il avait aujourd'hui tant d'adeptes dans le petit monde politicien, il ne s'agissait que de pâles et bien tardives imitations. Il ne s'est pas privé pour montrer que lui osait aller plus loin, de développer ses tirades xénophobes, ses habituels couplets contre les multitudes du Tiers Monde, agitant le vieil épouvantail démagogique de l'invasion dont la France, les Français, les "vrais", seraient toujours menacés.

Rien de nouveau donc, dans ce fatras qui vise à cultiver les peurs, à attiser les haines, à dresser les exploités les uns contre les autres. Ni dans ce discours, ni dans ses propos concernant les revendications ouvrières.

L'extrême droite se plaît à se présenter comme le porte-voix des démunis. Mais cette prétention est démentie dès que sont abordées les questions concrètes, celles qui sont au coeur des préoccupations des travailleurs et de leurs familles. On a pu le vérifier lorsque Le Pen a évoqué, en fin d'émission, la question des retraites, expliquant, avec la même désinvolture qu'un Raffarin ou un Fillon, que le régime de retraites actuel est un non-sens, que le "choc démographique" mène à une catastrophe, et que l'augmentation de l'espérance de vie modifie la donne.

À propos de l'impôt sur la fortune, on retrouvait encore dans la bouche de Le Pen la même argumentation que celle des Raffarin, Fillon, Mer et consorts. Si l'impôt pèse trop pour les riches, ceux-ci vont expatrier leur magot. Tiens donc! Il y aurait des "Français" fort peu patriotes, qui feraient passer leurs intérêts particuliers avant ceux de leur pays. Et ces Français-là bénéficient de la mansuétude de Le Pen, qui pense qu'il ne faut pas décourager ceux-là qui seraient, d'après lui, "les plus performants" (pour faire du fric en exploitant les autres?). Le Pen verse quelques larmes sur les pauvres, mais c'est les intérêts des riches qu'il prend en compte.

Sarkozy fait du Le Pen, et Le Pen fait du Chirac et du Raffarin. Ne cherchez pas les différences: il n'y en a pas.

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