Raffarin sans masque30/04/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/05/une1813.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Raffarin sans masque

En raison du risque d'attraper le virus de la pneumonie atypique, les organismes sanitaires conseillent plutôt aux personnes de remettre, sauf raison importante, tout voyage programmé en direction du sud-est asiatique.

Le Premier ministre Raffarin, lui, a estimé que c'était le moment le mieux choisi pour se rendre en Chine pour une visite-éclair de 24 heures (courageux mais pas téméraire!), le 26 avril. Il était accompagné de ministres et sous-ministres, attention, pas celui de la Santé mais les préposés au Commerce extérieur, aux Transports et aux Affaires étrangères.

Les autorités chinoises, qui ont été lentes à réagir face à cette menace d'épidémie, ont fait désinfecter trois fois l'hôtel où leurs hôtes devaient séjourner. De son côté, Raffarin est arrivé non masqué, sans doute pour ne pas indisposer ses interlocuteurs. Et, pour mettre tout le monde à l'aise, une fanfare militaire a joué des tubes de Johnny Hallyday...

Mais qu'est-ce qui faisait courir Raffarin vers la Chine au moment où tout le monde aurait plutôt tendance à la fuir? Il faut croire qu'il y voyait une rare chance pour l'impérialisme français, pas vraiment bien placé dans cette zone, de consolider quelques affaires en cours pour les groupes industriels et financiers qui tentent de renforcer leur présence sur ce marché convoité.

Raffarin avait aussi amené une liste d'une quinzaine de dissidents malmenés par les autorités chinoises. Mais celles-ci ont l'habitude de ces petites plaisanteries politiciennes qui n'empêchent pas de faire des affaires. Et c'est, bien sûr, au nom de l'"amitié franco-chinoise" qu'il est reparti avec trois contrats en poche: vente de trente Airbus, construction d'une centrale thermique par Alstom et création d'une banque d'investissement avec le Crédit Lyonnais. Les patrons français lui disent merci!

On sait maintenant que si Raffarin revient malade, voire s'il contamine le conseil des ministres ou le président, ce sera pour la bonne cause des contrats juteux. Un gouvernement doit savoir se sacrifier...

Partager