Grenoble - Sans-papiers kurdes : La détermination des 33 kurdes grévistes de la faim30/04/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/05/une1813.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Grenoble - Sans-papiers kurdes : La détermination des 33 kurdes grévistes de la faim

Le lundi 28 avril, 33 Kurdes, en majorité opposants au régime turc, étaient en grève de la faim depuis 26 jours, dans une salle municipale prêtée par la mairie PC de Fontaine, en banlieue de Grenoble. Ils revendiquent des papiers en règle, pour pouvoir rester en France et y trouver du travail.

Mardi 22 avril, le collectif de soutien était reçu par le préfet. Deux cents personnes environ étaient rassemblées pour appuyer la délégation et les revendications des 33 grévistes de la faim, derrière une banderole "En Turquie, nous, les Kurdes, nous sommes en danger de mort" et de nombreux panneaux brandis par des enfants de la communauté kurde. Mais le préfet n'a fait aucune proposition. Il ne veut négocier qu'une fois la grève de la faim suspendue. Les grévistes de la faim ont alors fait réaffirmer par leurs représentants leur volonté de continuer leur combat, jusqu'à une issue fatale si nécessaire, ont-ils tenu à préciser.

Cela en dit long sur la situation de désespoir dans laquelle ils se retrouvent placés, ainsi que sur leur détermination. Ils savent que, s'ils sont expulsés, ce sont les geôles turques qui les attendent. L'un d'entre eux expliquait le lendemain à leur local les circonstances qui l'avaient conduit, lui et sa famille, à fuir le Kurdistan turc. Déjà torturé, il savait que s'il restait, il n'éviterait pas de nouvelles persécutions et la prison. Et c'est au risque de leur vie qu'ils ont gagné la France, certains avec femmes et enfants, pour demander l'asile politique qui leur est aujourd'hui refusé.

Un autre racontait le combat des prisonniers politiques en Turquie, depuis l'assaut avec chars et gaz mortels mené par les militaires et policiers turcs le 19 décembre 2001 contre des prisons pour briser la résistance de groupes de détenus politiques. Depuis, le gouvernement met en place les fameuses prisons spéciales de "type F", avec des cellules individuelles pour les prisonniers qui jusqu'alors étaient en cellules collectives, montrant ainsi sa volonté d'isoler les politiques et de les briser moralement. Et c'est ce sort-là qui attend de façon quasi certaine les 33 Kurdes s'ils sont renvoyés par Sarkozy.

Les grévistes de la faim pensent que le préfet joue la montre, tablant sur l'usure du mouvement. Et pendant ce temps, l'état de santé de ces 33 hommes se dégrade.

A Lyon également, des Kurdes sont en grève de la faim depuis plus d'un mois, eux aussi pour obtenir leur régularisation.

On ne peut qu'exprimer sa solidarité avec ces militants qui demandent l'asile politique et des papiers pour pouvoir, eux et leurs familles, vivre décemment. Et on peut être révolté par les discours mensongers des Sarkozy, Raffarin et Chirac qui, tout en affirmant sans honte que la France est terre d'asile, patrie des droits de l'homme et garante du droit international, piétinent les droits les plus élémentaires et poussent des hommes à mettre leur vie en péril pour obtenir le droit de vivre et de continuer, ici, leur combat pour la liberté.

Partager