GIAT-Industries (Saint-Chamond - Loire) : La mobilisation continue17/04/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/04/une1811.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

GIAT-Industries (Saint-Chamond - Loire) : La mobilisation continue

Loin de les avoir assommés, l'annonce du plan de suppression de 3940 emplois sur l'ensemble de GIAT-Industries et de la fermeture de trois sites, dont le leur, a ressoudé tous les travailleurs de Saint-Chamond dans un refus unanime des projets de leur direction et du gouvernement.

Depuis le lundi 7 avril où les grandes lignes de ce plan étaient annoncées en Comité de groupe, les travailleurs sont mobilisés. Ils ne se disent pas en grève, mais considèrent qu'en ne sortant aucun travail, en empêchant la direction et les chefs les moins populaires d'entrer grâce à des piquets actifs chaque matin, ils indiquent clairement ce dont ils ne veulent pas. La direction et ces chefs mal considérés ont compris, au bout de quelques jours, qu'on ne veut pas d'eux dans les murs et ils s'abstiennent de venir. Certains ont été vus en palabres dans des cafés proches de l'usine. De toute façon, les pointeuses ne fonctionnent pas et, après les piquets, chaque matin est consacré à une assemblée générale, suivie d'une manifestation. Et les après-midi sont consacrées à des discussions sur les lieux de travail.

Durant ces journées, c'est très massivement (400 à 500 personnes à chaque fois, sur les 685 que compte l'effectif) que les travailleurs vont interpeller les élus locaux de droite ou faire connaître leur lutte aux usagers de l'autoroute Saint-Etienne-Lyon ou en s'adressant aux passagers d'un TER, après avoir bloqué celui-ci en gare de Saint-Chamond.

Un des résultats de cette pression est de placer ces élus de droite, donc solidaires des décideurs de ce plan de suppressions d'emplois, dans des positions inconfortables. Ils s'emploient avec plus ou moins d'habileté à des contorsions pour se montrer en opposants de ce plan. Ils ont réussi à se faire admettre dans la manifestation centrale de tous les travailleurs du GIAT qui doit avoir lieu jeudi 17 avril à Paris, à l'occasion de la tenue du CCE. Ces élus seront certes en queue de cortège, mais ils n'ont rien fait de concret pour se placer du côté des travailleurs.

Le début de semaine a vu s'intensifier la préparation de cette montée à Paris en autocars. Les travailleurs s'inscrivent de plus en plus. On peut se demander pourquoi les directions syndicales, et en particulier la CGT qui donne le ton, n'ont absolument pas cherché, à ce jour, à s'adresser aux autres travailleurs de la ville et à toute la population, et encore moins à envisager d'emmener d'autres Saint-Chamonais manifester avec eux à Paris. Cela aurait permis à beaucoup de gens des milieux populaires d'exprimer leur solidarité avec des travailleurs touchés par les attaques du gouvernement.

Quoi qu'il en soit, la détermination des travailleurs de GIAT-Industries de Saint-Chamond dans le refus de la fermeture de leur site est entière. Personne ne s'attend à ce que la direction annonce au CCE des correctifs à son plan initial. Et la réflexion qui revient le plus souvent est « Je ne vois pas ce qui peut me faire reprendre le boulot ». À bon entendeur, salut !

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