Education nationale : " plus de moyens pour l'école " !30/01/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/01/une1800.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

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Education nationale : " plus de moyens pour l'école " !

La journée d'action du mardi 28 janvier dans l'Education nationale avait pour mot d'ordre général : " Plus de moyens pour l'école ". Car toutes les catégories de personnels qui travaillent dans l'Education nationale sont bien d'accord sur le fait qu'il n'y a pas assez de professeurs, de surveillants, d'aides-éducateurs, de personnel de service, d'infirmières scolaires, etc. Et les propositions du ministre pour les prochaines années vont encore aggraver la situation.

Les premiers touchés par les projets de réforme de Luc Ferry, le ministre de l'Education nationale, sont les surveillants et les aides-éducateurs (les " emplois-jeunes " qui travaillent dans les établissements scolaires et sont amenés à disparaître à la fin de leur contrat de cinq ans). Ils seront remplacés par des " assistants d'éducation ", recrutés par contrat de trois ans renouvelable une fois (soit une année de moins que les actuels surveillants), sur la base de 35 heures payées " aux alentours " du Smic, au lieu de 28 heures. Si, selon le ministère, tous les jeunes actuellement en poste pourront aller jusqu'à la fin de leur contrat, il reconnaît " qu'à terme ", le nombre de postes diminuera. Ce " terme " est bien proche puisque, dès la rentrée de septembre, les 5 600 postes de surveillants supprimés et les 20 000 postes d'aides-éducateurs non renouvelés seront remplacés par 16 000 assistants d'éducation.

Les surveillants et les emplois-jeunes qui réclament le maintien de leurs postes ont fait grève le 17 janvier et, depuis cette date, le mouvement continue dans de nombreux établissements, rencontrant le soutien de l'ensemble du personnel qui sait combien leur présence est indispensable pour la bonne marche d'un établissement, et qui ont des craintes pour le maintien du nombre de postes, tant pour les enseignants que pour le personnel administratif et d'entretien (ATOSS).

En ce qui concerne les enseignants, les chiffres avancés par le ministre de l'Education pour la rentrée scolaire 2003 sont aussi sujets à contestation. Il proclame que 30 000 nouveaux enseignants vont être nommés, dont 18 000 dans le secondaire et 12 000 dans le primaire, et se félicite que les départs en retraite soient compensés par ces recrutements. C'est à voir et de toute façon, pour le primaire, compenser ne suffit pas, étant donné que 34 000 élèves supplémentaires sont attendus à la rentrée prochaine. Et dans le secondaire, les syndicats relèvent qu'il n'y a que 5 490 postes ouverts aux différents concours, contre 8 400 en 2002. Cela veut dire une augmentation du nombre de précaires, nommés en catastrophe au coup par coup, et sans garantie d'emploi.

Et même si le nombre actuel était maintenu, de toute façon la situation actuelle est loin d'être satisfaisante, puisqu'il faut parfois attendre des semaines pour qu'une enseignante en congé maternité, par exemple, soit remplacée, alors que ses dates de congé sont pourtant connues longtemps à l'avance ! Sans parler des quartiers défavorisés, où les élèves auraient besoin d'être plus soutenus pour pouvoir progresser et où, souvent, les actes de violence et d'incivilité font ressentir cruellement le manque de personnel indispensable pour pouvoir mieux encadrer ces jeunes en difficulté qui basculent vite dans l'agressivité.

Les ATOSS, pour qui la prétendue baisse du temps de travail s'est traduite par un allongement des horaires, craignent que, dans les projets de régionalisation, ils puissent être ballottés d'une école à une autre - ou à une administration - au lieu d'effectuer leur service dans un seul établissement. Les conseillers d'éducation sont dans le même cas ; de plus, chargés avec les surveillants d'organiser " la vie scolaire ", ils seront les premiers touchés si leur nombre diminue et se sentent entièrement solidaires de leur mouvement.

Toutes ces raisons cumulées font que le mécontentement est général et que chacun est convaincu que, pour pouvoir donner un enseignement de qualité, il faut augmenter les moyens, et non les restreindre comme le projette le gouvernement.

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