Maternités : Une situation de plus en plus alarmante02/01/20032003Journal/medias/journalnumero/images/2003/01/une1796.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Maternités : Une situation de plus en plus alarmante

Fermetures de lits et de services dans les hôpitaux publics, pénurie aiguë et chronique de personnels, les services de maternité sont eux aussi au bord de l'asphyxie. La situation est telle qu'un nombre croissant de médecins tirent le signal d'alarme. Certains chefs de service menacent même de se mettre en grève ou de démissionner collectivement.

C'est le cas des chefs de service des maternités publiques d'Ile-de-France qui, après avoir obtenu la promesse d'un " plan d'urgence " doté de 50 postes de gynécologues-obstétriciens et de pédiatres ainsi qu'une enveloppe de 3,8 millions d'euros pour le recrutement de sages-femmes et d'infirmières, ont repoussé jusqu'à la fin février leur menace de démission collective.

La politique annoncée du gouvernement en matière de Santé ne va pas dans le sens d'une amélioration. " Nous n'avons plus assez d'obstétriciens aujourd'hui pour avoir autant de salles d'accouchement dispersées sur le pays " déclarait récemment Jean-François Mattéi, le ministre de la Santé, avant de conclure qu'il fallait pour la sécurité des mères comme des bébés " regrouper les accouchements " dans des établissements disposant d'un " plateau technique avec le personnel et les équipements nécessaires. "

En clair, le gouvernement Raffarin n'envisage pas de débloquer des crédits supplémentaires pour recruter et former le personnel nécessaire au bon fonctionnement des structures existantes, mais de fermer de nouvelles maternités de proximité. Bien sûr, pour rassurer l'opinion publique et les élus locaux, il dit vouloir prendre en compte dans son projet la question de " l'accessibilité géographique ". Le problème, c'est que du fait des fermetures et des restructurations massives effectuées durant les deux dernières décennies, notamment pour mettre les établissements en conformité avec des normes plus strictes en matière d'équipements et d'activités, il n'y a plus de marge de manoeuvre.

Le nombre de maternités relevant du secteur privé comme du secteur public a diminué de moitié en vingt-cinq ans, passant de 1 369 établissements en 1975 à 694 en 2001. Résultat, bien des régions sont déjà réduites à un équipement minimum, obligeant certaines femmes à effectuer des trajets de 45 minutes et plus pour aller accoucher. Dans d'autres, les restructurations ont abouti à l'engorgement des maternités des hôpitaux, qui doivent absorber des centaines d'accouchements supplémentaires sans avoir obtenu le transfert des postes correspondants.

Les méfaits des restrictions budgétaires imposées au service public de santé ne concernent pas que les maternités. Dans les hôpitaux, le sort réservé aux services des Urgences ne vaut guère mieux.

En fait, le tandem Raffarin-Mattéi s'apprête à poursuivre la même politique que ses prédécesseurs, en vertu de laquelle la Santé doit coûter le moins cher possible. C'est une politique à courte vue qui programme délibérément la pénurie ainsi que la dégradation des soins pour les assurés et des conditions de travail pour les personnels.

Partager