Collège Politzer Bagnolet (93) : Grève contre : les classes surchargées et le manque de locaux11/12/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/12/une1793.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Collège Politzer Bagnolet (93) : Grève contre : les classes surchargées et le manque de locaux

Le collège Politzer de Bagnolet en Seine-Saint-Denis a été construit pour 600 élèves mais en quelques années les effectifs sont montés en douceur et on en arrive aujourd'hui à 775 ! Les conditions de travail et de vie deviennent de plus en plus insupportables. Exemples : faute de salles de classe en nombre suffisant, le foyer des élèves, la mezzanine de la bibliothèque ou la salle polyvalente sont utilisés comme salles de classe. On a même monté deux préfabriqués dans la cour.

Si maintenant, avec bien du mal, il y a suffisamment de chaises pour asseoir tout le monde, il n'en est pas de même des livres ; le budget étant insuffisant, tous les livres n'ont pas été commandés et on attend une rallonge du budget pour le faire en 2003...

La cantine est trop petite pour tant d'élèves : on presse les premiers pour pouvoir faire asseoir les suivants : il faut qu'en dix minutes le repas soit absorbé et bien souvent les derniers demi-pensionnaires arrivent en retard aux cours de l'après-midi, avec la bouche pleine.

En plus, une forte proportion d'élèves étrangers ne comprenant pas du tout le français se trouvent en classe avec les autres élèves, faute de structure spécialisée dans le collège.

Lassés de cette situation, et après une journée de grève le 17 octobre, les enseignants ont obtenu une première entrevue avec l'inspection académique au cours de laquelle il fut question, mais seulement pour la rentrée prochaine, de revoir la carte scolaire et de faire passer 50 élèves de 6e dans l'autre collège de Bagnolet.

Une seconde entrevue le 25 novembre sur ce problème ayant été des plus floue et ressentie par les enseignants comme une reculade face à cette petite avancée, nous avons décidé de nous remettre en grève le 2 décembre.

Après une assemblée générale où nous étions une trentaine, nous avons obtenu dans la journée une entrevue avec l'inspecteur d'académie qui, bien que mécontent de nous voir là et très occupé, reçut rapidement les dix membres de la délégation. Au bout d'une petite heure, nous sommes repartis avec la promesse que nous aurions 100 élèves de moins à la rentrée prochaine, et dans l'immédiat 4 heures de cours supplémentaires pour les non-francophones.

Nous étions contents d'avoir marqué le coup, mais les solutions proposées sont loin de nous satisfaire car elles consistent à déplacer des élèves vers le deuxième collège de Bagnolet où il y a encore un peu de place. D'autre part, les élèves que l'inspection académique se propose de déplacer sont les non-francophones dont les parents n'oseront peut-être pas se plaindre.

L'inspection académique a choisi de déshabiller Pierre pour habiller Paul, afin de faire l'économie d'un troisième collège.

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