Parlement européen : Interventions des députés de Lutte Ouvrière25/10/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/10/une1786.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Parlement européen : Interventions des députés de Lutte Ouvrière

Le 22 octobre, Armonie Bordes, députée européenne de Lutte Ouvrière, a pu faire l'intervention suivante, en séance plénière, à propos du " Rapport Grossetête " sur le code communautaire relatif aux médicaments à usage humain :

" Ce rapport se place du point de vue de la défense des intérêts de l'industrie pharmaceutique. Or la course aux profits est incompatible avec la défense de la santé publique.

Quand on prétend défendre la santé publique, on se doit de placer au premier plan les intérêts de la collectivité et l'on doit prendre en compte la santé de tous les êtres humains, solvables ou non.

L'industrie pharmaceutique, elle, ne s'intéresse qu'à ceux qui peuvent payer. C'est pour cela qu'elle veut faire vite pour sortir des médicaments qui rapportent, et vite. Ils veulent, comme ils disent dans leur jargon, des "block-busters", qui rapportent plus d'un milliard de dollars par an.

Mais aller vite au stade de la recherche et des contrôles, pour encaisser plus vite le profit, c'est forcément au détriment de la sécurité et de la santé des malades, mais aussi des travailleurs de ces industries.

Et je tiens à dénoncer cette autre conséquence de la course au profit que sont les suppressions d'emplois, y compris dans le secteur de la recherche, comme en ce moment dans le groupe pharmaceutique Aventis, qui supprime 10 000 emplois dans le monde et qui ferme des usines et des centres de recherche dans plusieurs pays.

Vous parlez de transparence. Mais l'industrie pharmaceutique a toujours dissimulé ses marges, qui sont parmi les plus élevées, du fait même qu'elles sont garanties par la Sécurité sociale !

On nous explique que ce serait terrible, si des terroristes contaminaient des populations avec la variole et si on ne dispose pas de médicaments pour soigner ces personnes. Certes, mais ce scénario catastrophe a déjà cours : tous les jours des milliers d'enfants meurent de maladies qu'on sait soigner, comme la rougeole, et pour lesquelles il existe des médicaments. C'est la soif de profit des grands groupes pharmaceutiques qui en est responsable, avec le soutien complice des gouvernants. "

Partager