Une lectrice du Gard nous écrit...20/09/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/09/une1781.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Une lectrice du Gard nous écrit...

Je travaille à Aramon, dans le Gard. C'est là, entre autres, que les inondations ont été catastrophiques.

Parmi mes collègues, certains habitent le quartier des Charmettes, protégé des crues du Gardon par une digue. C'est cette digue qui a cédé. Très ancienne, elle avait déjà cédé il y a une dizaine d'années et elle avait été reconstruite à peu près telle quelle. Tout ce quartier des Charmettes est dans une zone inondable. D'ailleurs la norme imposait aux nouveaux propriétaires sur ces terrains de surélever un peu leur rez-de-chaussée et de prévoir un accès sur le toit ou de construire une petite tour en guise de refuge.

Lors de l'inondation c'est la mobilisation des gens eux-mêmes qui a été utile. La préfecture, au contraire, a annoncé au maire d'Aramon la décrue quelques heures avant que l'eau ne monte et n'ouvre des brèches dans la digue. Le maire n'avait plus d'autre possibilité que de faire sonner le tocsin sans pouvoir faire évacuer car l'eau déferlait dans la ville. Ce sont les habitants qui frappaient aux portes, alertaient leurs voisins en essayant de n'oublier personne.

Dans la désorganisation générale, les autorités apparaissaient bien peu efficaces. Sur les routes, c'est la radio plutôt que les gendarmes qui était utile et donnait les renseignements les plus justes. Radio Bleu Gard-Lozère donnait les informations appropriées. Elle recevait des appels de gens bloqués qui demandaient du secours et mit en place petit à petit un centre d'appel permanent. Des structures d'accueil de secours étaient ouvertes par l'initiative de la population dans certains villages. Toujours par l'intermédiaire de la radio et du téléphone, tant qu'il a fonctionné, beaucoup de gens lançaient des appels pour dire qu'ils avaient une chambre ou un endroit à prêter, d'autres pouvaient aussi avoir des nouvelles de proches qu'ils n'arrivaient pas à joindre.

L'entreprise où je travaille n'a pas été dévastée, par contre la route était impraticable. La plupart des salariés n'ont pas pu aller travailler les 11 et 12 septembre, et les salariés sinistrés n'ont pas encore pu reprendre le travail une semaine plus tard.

La direction, quant à elle, était très satisfaite que l'entreprise n'ait pas fermé de la semaine. Elle a annoncé très fièrement que tout le monde toucherait la totalité de son salaire en septembre, mais que les absences des salariés seraient pris en jours de RTT ou en congés payés. La nouvelle a soulevé une telle colère parmi les ouvriers que, après une discussion houleuse, le directeur a fini par accorder de payer le mardi sans contrepartie. Les autres jours restent pour l'instant pris sur les congés.

A côté de cela la direction propose de créer une commission de secours pour collecter des dons et les remettre aux salariés sinistrés...

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