Contrats-jeunes : Les sénateurs en rajoutent.26/07/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/07/une1774.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Contrats-jeunes : Les sénateurs en rajoutent.

Le 17 juillet, le Sénat examinait le projet de loi sur les contrats-jeunes. Il a adopté un amendement étendant les contrats-jeunes aux entreprises de plus de 250 salariés. Le gouvernement a repris cet amendement à son compte.

Ainsi, en cas d'embauche de contrats-jeunes, même les plus grandes entreprises bénéficieront de l'exonération de charges sociales patronales, totale pendant deux ans, à 50 % la troisième année. C'est un plus pour les grands groupes industriels, même si beaucoup d'entre eux sont déjà subdivisés en établissements plus petits, y compris sur un même site, ou plus simplement contrôlent directement ou indirectement une multitude de sociétés.

Mais le Sénat a tenu à imposer un amendement " social " : pour entraîner l'exonération des charges sociales, le contrat doit correspondre au minimum à un mi-temps, contrairement à la situation antérieure où n'importe quel temps partiel suffisait.

De plus, les sénateurs de droite ont tenu à remplacer l'expression " exonération de charges " par " soutien de l'État ". Ils trouvent sans doute que cela sonne plus positif, moins assisté.

Le ministre du Travail, Fillon, sait quant à lui qu'il brosse le patronat dans le sens du poil quand il déclare : " C'est une première étape vers un allégement général du coût du travail. ".

Mais personne ne peut dire si ce super-cadeau au patronat va recevoir l'accueil que le gouvernement souhaite, ne serait-ce que parce que bien des patrons ne veulent pas embaucher en CDD, comme le prévoient pour l'instant les contrats-jeunes. Mais tels qu'ils sont, ces contrats sont bien alléchants, ne serait-ce que parce qu'ils permettent aux patrons de supprimer des emplois non aidés pour les remplacer par d'autres, qui leur coûteront moins cher.

Le gouvernement Raffarin, en dehors de faire de la démagogie sur l'emploi des jeunes, fait comme ses prédécesseurs de gauche, il ouvre la boîte aux subventions, en sachant que le problème du chômage des jeunes comme de tous les salariés reste entier.

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