Moins de fonctionnaires, moins de service public12/07/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/07/une1772.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Politiciens

Moins de fonctionnaires, moins de service public

Dans son discours d'investiture à l'Assemblée nationale, le Premier ministre a annoncé que, dans la fonction publique, " tous les emplois ne seront pas systématiquement remplacés au fur et à mesure des départs en retraite. Selon les secteurs, les effectifs seront accrus, stabilisés ou réduits ".

Dans les dix ans qui viennent, la moitié des fonctionnaires civils, soit un peu plus de 800 000 personnes, vont partir en retraite. Et comme les secteurs qui ont les faveurs de Raffarin sont principalement la police, la gendarmerie et la justice, pour lesquelles le gouvernement a d'ores et déjà promis de créer 23 600 postes dans les cinq ans à venir, dans tous les autres domaines, on peut craindre une nouvelle dégradation des conditions de travail pour les employés et des services pour tous les usagers.

Pour satisfaire l'opinion publique et l'électorat de droite, voire d'extrême droite, Raffarin et son gouvernement sont prêts à mettre en pratique une démagogie anti-fonctionnaires, qui tient de la provocation dans cette période où partout, c'est le manque d'effectifs qui se fait sentir. Et cela ne concerne pas seulement les fonctionnaires au sens strict du terme, mais aussi ceux qui sans être fonctionnaires assurent des services publics. Non seulement le chômage continue d'augmenter, mais encore l'Education nationale, les transports en commun, les hôpitaux, les services postaux, etc., manquent de personnels et de moyens matériels. Annoncer que ceux qui partent en retraite ne seront pas tous remplacés revient à annoncer que les files d'attente s'allongeront derrière les guichets, que les enfants seront encore moins bien pris en charge dans les établissements scolaires, que les malades attendront encore plus longtemps pour être soignés correctement et que partout, les conditions de travail se dégraderont alors que les queues dans les ANPE grossiront.

Reste à savoir si les employés de la fonction publique accepteront l'évolution dans ce sens de leur situation et si les usagers se résigneront. C'est loin d'être dit, et Raffarin ferait bien de se méfier. Régulièrement, des réactions ont lieu pour faire embaucher définitivement des travailleurs contractuels ou des intérimaires, pour réclamer aussi des effectifs supplémentaires. Que ces mouvements convergent et se renforcent, et l'on verra Raffarin remballer très vite ces projets et ces menaces.

Partager