Angola : La famine menace05/07/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/07/une1771.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Angola : La famine menace

Pendant que les chefs d'État les plus puissants du monde discutent de l'avenir de la planète et de " l'aide " qu'ils pourraient apporter à l'Afrique, au sommet du G8, une famine frappe la population de l'Angola, un pays meurtri par près d'un quart de siècle de guerre civile. Et si les principales puissances impérialistes et les grandes compagnies pétrolières, Elf en tête, portent un intérêt quelconque à ce pays de l'Afrique sub-tropicale, c'est pour son pétrole ou ses diamants, pas pour ses habitants.

Ancienne colonie portugaise, l'Angola est un pays deux fois plus grand que la France. Il compte douze millions d'habitants et se range parmi les plus pauvres. Commencée il y a vingt-sept ans contre le Portugal, la guerre civile s'est poursuivie entre les factions rivales du MPLA, le parti au pouvoir, de José Eduardo Dos Santos, et celle de l'UNITA de Jonas Savimbi. Ce dernier, un chef de guérilla, fut un temps un pion entre les mains de l'impérialisme américain et de l'Afrique du Sud, qui le lâchèrent par la suite. L'UNITA se retrouva alors de plus en plus isolée sur le plan politique et militaire : la récente mort de son chef a porté le coup de grâce à la rébellion. Cette guerre civile qui a fait plus de trois cent mille morts a officiellement pris fin le 4 avril dernier. Depuis, les organisations humanitaires peuvent pénétrer dans les zones qui étaient sous contrôle de l'UNITA, et ont constaté que la situation de la population y est catastrophique.

Les militaires rebelles de l'UNITA, aujourd'hui démobilisés, et leurs familles - en tout près de 300 000 personnes - ont besoin de soins urgents, tandis que des dizaines de milliers d'autres personnes, fuyant les exactions des forces gouvernementales et des troupes rebelles, errent encore dans les forêts. On estime à trois millions le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays. Toutes ces populations sont totalement démunies : sans médicaments, sans nourriture, sans vêtements ni couvertures pour affronter les nuits froides des hauts plateaux, en cette période de saison sèche d'hiver. A cause des routes minées et des ponts détruits sur les cours d'eau, leur isolement est total. On ne compte plus les villages incendiés et détruits dans le pays, ni les villes fantômes. Dans des camps de fortune installés en urgence par des organisations humanitaires comme Médecins sans frontières (MSF), les enfants sont les premières victimes de la malnutrition et souffrent de paludisme, de diarrhées et de tuberculose. La mortalité infantile y est donc très élevée.

Depuis près d'un quart de siècle, la population angolaise a été prise en otage entre les bandes armées du MPLA et de l'UNITA. Ces dernières se battaient pour contrôler le pouvoir, bénéficier de la manne pétrolière et de l'exploitation diamantifère afin de financer leur armement. Les rivalités entre les chefs de guerre locaux ont été renforcées et entretenues par les compagnies pétrolières et minières, soutenues par leurs puissances impérialistes respectives.

La " paix " revenue, la population angolaise survit toujours dans une misère effroyable. Dos Santos, le dictateur au pouvoir en Angola, peut désormais se poser en interlocuteur légitime et incontournable de l'impérialisme dans la région et en défenseur de ses intérêts. Comme il l'a fait pour Elf en intervenant dans la guerre civile du Congo-Brazzaville pour hisser au pouvoir le dictateur Denis Sassou Nguesso en 1997.

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