Vie sauve pour Amina Lawal Kurami !20/06/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/06/une1769.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Vie sauve pour Amina Lawal Kurami !

De nouveau, au Nigeria, une jeune femme, Amina Lawal Kurami, est menacée de lapidation pour avoir eu un enfant hors mariage. Cependant, un sursis de deux ans lui a été accordé... parce que l'enfant aurait besoin d'elle pendant cette période !

On se souvient du cas de cette autre jeune femme nigériane, Safiya Husseini, qu'un tribunal religieux avait condamnée le 9 octobre 2001 à la mort par lapidation pour cause d'adultère, conformément à la loi islamique, la Charia. Après une campagne internationale, témoignant de l'émotion soulevée en recueillant quelque 600 000 signatures contre cette condamnation, le président du Nigeria était intervenu pour faire obstacle à l'exécution de la sentence. Sans remettre en cause le fondement même de cette loi religieuse d'un autre âge et la justice expéditive qu'elle engendre, il avait obtenu que le tribunal décide l'acquittement... pour vice de forme, faisant ainsi disparaître l'ensemble des accusations portées contre Amina, mais laissant aussi la porte ouverte à bien d'autres condamnations pour des raisons similaires.

C'est d'ailleurs peu avant cet acquittement de Safiya que, le 22 mars dernier, un autre tribunal islamique du nord du Nigeria condamnait Amina Lawal Kurami à la mort par lapidation, accusée elle aussi d'adultère parce qu'elle avait accouché d'un enfant après avoir divorcé et avant même d'être remariée. Cette fois-ci, la sentence se double d'une hypocrisie sans nom, puisqu'elle ordonne le report de deux ans de l'application de la peine. Invoquant l'intérêt de l'enfant, qui aurait particulièrement besoin de sa mère pendant ces deux premières années (comme si au-delà il n'en avait plus besoin !), le tribunal a autorisé Amina à retourner avec l'enfant dans son village jusqu'en janvier 2004, date à laquelle elle devra comparaître à nouveau devant ses juges pour l'exécution de sa condamnation.

La jeune femme a fait appel de cette sentence et un nouveau verdict devrait être rendu le 8 juillet prochain. D'ici là, comme pour Safiya, une campagne de pétitions et de protestations est engagée par différentes organisations humanitaires, dont Amnesty International, demandant au gouvernement nigérian d'arrêter toute poursuite contre Amina et d'annuler sa condamnation. Lutte Ouvrière s'associe à cet appel.

Mais, pour ces deux cas rendus publics, sur lesquels l'opinion européenne en particulier a pu être alertée, combien de cas similaires sont ignorés au Nigeria, comme dans bien d'autres pays d'Afrique, d'Asie ou d'Arabie, gouvernés par des dictatures obscurantistes, amies de la France, de l'Angleterre ou des Etats-Unis ?

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