Le "laisser faire, laisser polluer" des pétroliers01/02/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/02/une-1749.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Le "laisser faire, laisser polluer" des pétroliers

Une nouvelle fois, des côtes bretonnes ont été polluées par des dépôts de mazout. Il s'agit du dégazage sauvage d'un navire pétrolier qui passait au large. Le dégazage est l'opération qui consiste à enlever (généralement à la lance à incendie) les résidus d'hydrocarbures qui maculent l'intérieur des citernes après déchargement du bateau. Le but est d'empêcher la formation de gaz (d'où le nom) qui pourraient provoquer des explosions.

Les eaux qui ont servi au dégazage, pleines de résidus pétroliers, sont parfois stockées dans une des citernes du navire, qui est vidée et nettoyée en arrivant au port. Il arrive que le pétrolier soit dégazé dans une station de dégazage dont sont généralement équipés les ports. Mais bien peu de navires y transitent. Très souvent les navires vident directement leurs déchets en haute mer. On estime qu'un million de tonnes de ces déchets d'hydrocarbures souillent chaque année les mers et océans du globe. Beaucoup plus que toutes les marées noires dont on parle.

La raison en est parfaitement connue : les trusts du pétrole et les compagnies d'armement qui leur sont liées, ou qui sont leurs clientes, imposent des vitesses de rotation des navires qui limitent au maximum les temps morts. Le dégazage, pourtant indispensable, est considéré comme du temps perdu. On le fait donc souvent en mer, et on n'immobilise pas le navire pour cela.

Comment vérifier si des capitaines peu scrupuleux, obéissant à des dirigeants de trusts qui le sont moins encore, pratiquent le dégazage sauvage ? Cela paraît impossible, la mer est immense et les pétroliers nombreux.

En fait, il serait assez simple de contrôler que chaque navire qui vide ses cuves soit passe par une station de dégazage au départ, soit dépose le produit du dégazage en mer au port d'arrivée. Il serait très simple pour les autorités internationales de vérifier que tous les navires ont bien respecté cette procédure. Cela ne réglerait peut-être pas tout, mais ce serait une contrainte.

Qu'est-ce qui empêche d'agir ainsi ? Les intérêts des trusts du pétrole et des sociétés d'armement ! Aussi fleurissent les pavillons de complaisance qui couvrent les actionnaires des pays riches et qui autorisent les équipages à faire n'importe quoi et à polluer tranquillement la planète.

Dans le cas de la pollution récente en Bretagne, un pétrolier turc est accusé. Mais même si pour une fois on trouve un coupable qui s'est laissé prendre, il y en a des milliers qui déversent tranquillement à longueur d'années leurs ordures dans la mer, avec la complicité des gouvernements des grandes puissances.

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