Deux jours de grève à la mairie de Boulogne-Billancourt23/11/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/11/une-1740.gif.445x577_q85_box-0%2C11%2C166%2C227_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Deux jours de grève à la mairie de Boulogne-Billancourt

La mairie de Boulogne-Billancourt, compte 2 400 travailleurs, dont 400 vacataires. L'application des 35 heures pour janvier 2002 mécontentait tout le monde. Quatre syndicats ont appelé à une journée de grève le mardi 13 novembre. Les travailleurs demandaient 16 jours de RTT au lieu de 11, la titularisation des collègues vacataires, des embauches supplémentaires : actuellement il faudrait déjà 100 embauches pour faire face à la surcharge de travail. Ils réclamaient aussi des augmentations de salaire : le personnel des cantines débute avec 6 000 F par mois.

Ce mardi matin là, 70 % du personnel était en grève. Plusieurs centaines d'agents techniques, employés des bureaux de la mairie, assistantes maternelles, agents d'entretien, animateurs, personnel des cantines scolaires, se sont invités dans le hall de la mairie.

Fourcade, le maire, ancien ministre des Finances de Giscard, n'a pas pu sortir de son bureau pendant quelques heures. Il a dû entendre ce que les travailleurs avaient sur le coeur : le travail qui s'accumule, les départs en retraite qui ne sont pas remplacés, le manque de moyens dans les écoles, pas assez d'assistantes maternelles. A la fin de la journée, les travailleurs ont voté à main levée, à la majorité, la continuation de la grève, en se donnant rendez-vous le lendemain matin à la mairie.

Mercredi 14, il y avait autant de monde en grève. Dans la matinée, une réunion était organisée avec les dirigeants syndicaux et les responsables de la mairie. En fin de matinée, la mairie annonçait 16 jours de RTT au lieu de 11, la titularisation d'animateurs vacataires, un agent d'école maternelle pour une classe au lieu de deux classes ; de plus cinq postes "gelés" seront maintenus. La mairie parle de résorber le travail précaire et d'étudier les remplacements en cas de congés maternité et de congés formation. Enfin, sur les deux jours de grève, la journée du mercredi 14 est payée.

L'ensemble des travailleurs étaient contents d'avoir fait reculer la direction de la mairie et le maire Fourcade qui a une attitude méprisante vis-à-vis d'eux. Ce dernier a envoyé une lettre à chaque salarié, où il parle du dialogue social et de la qualité du service public. Ce qui a bien fait rire les travailleurs, car sans les deux jours de grève, Fourcade continuait son monologue. Quant au service public, les responsables de la mairie passent des contrats avec des sociétés privées, dans le domaine de la restauration ou de l'urbanisme.

Ces deux jours de grève ont permis de tisser des liens dans les différents services et le moral est au beau fixe. Les travailleurs sont bien décidés à rester attentifs à l'application des promesses sur les embauches et les jours de RTT.

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