Valeo : Moins d'emplois pour plus de magot26/10/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/10/une-1736.gif.445x577_q85_box-0%2C11%2C166%2C227_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Valeo : Moins d'emplois pour plus de magot

"S'il fallait redessiner le groupe, le nombre d'usines serait de 100 au lieu de 170. C'est un idéal", proclamait récemment un représentant de l'équipementier automobile Valeo.

Et un tel "idéal" ne reste pas une idée folle, remisée au musée des objets insolites. Dès la fin de l'année, le nombre de sites devrait être réduit à 140. Valeo a déclaré qu'aux six fermetures d'usines déjà annoncées, il en ajoutait douze autres en Europe d'ici à la fin de l'année. La fermeture des usines de Vire et Cahors a déjà été annoncée, suivie d'autres en France ainsi qu'en Espagne et en Allemagne, tandis que 17 usines seront vendues à des sous-traitants.

Bien d'autres groupes capitalistes ont, ces derniers mois, mené une politique semblable : LU-Danone, AOM, Bata, Siemens, Moulinex ou encore Alcatel qui, après avoir proclamé qu'il rêvait d'un groupe sans usines, a annoncé la fermeture de 50 sites...

Ce sont des capitalistes riches à milliards qui ces dernières années ont fait disparaître des milliers d'emplois. Valeo, contrôlé par une société appartenant à Seillière, le président du Medef, ne fait évidemment pas exception. On ne sait pas qui la perte annoncée de 174 millions d'euros sur les neuf premiers mois de l'année peut faire pleurer, après les bénéfices accumulés ces dernières années. Valéo a encore engrangé 290 millions d'euros de bénéfices en 2000.

Ce n'est pas aux actionnaires qu'on demande de rembourser, mais aux intérimaires de retrouver le chemin de l'ANPE - ils représentent 30 % des salariés de certains sites - et, si cela ne suffit pas, d'autres salariés embauchés "en fixe", si l'on peut dire, iront les rejoindre.

Quant à Seillière, non seulement il s'est sorti, sans écorner d'un centime sa fortune, de la faillite d'AOM, dont il était l'actionnaire majoritaire. Mais il continue à faire fructifier son pactole en faisant perdre leur gagne-pain à des milliers de salariés. Il réalise ainsi "l'idéal" de tous les patrons, devant lesquels le gouvernement socialiste s'incline avec respect.

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