Les "35 h" dans les hôpitaux publics : C'est l'embauche immédiate et massive qu'il nous faut !21/09/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/09/une-1731.gif.445x577_q85_box-0%2C11%2C166%2C227_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Les "35 h" dans les hôpitaux publics : C'est l'embauche immédiate et massive qu'il nous faut !

La date du jeudi 20 septembre a été fixée pour une journée de grève et de manifestations, à l'appel de la plupart des syndicats d'hospitaliers. Il y a en effet de quoi descendre dans la rue quand on voit comment s'annoncent les prétendues "35 heures" dans les hôpitaux.

La dernière mouture du texte de Guigou et Kouchner, proposée à la signature des syndicats, ressemble aux précédentes pour l'essentiel. Le nombre de créations d'emplois est porté à 45 000 au lieu de 40 000 mais toujours étalées sur trois ans. Or, pour compenser arithmétiquement la réduction du temps de travail de 39 à 35 heures, c'est le double qu'il faudrait, et dès le 1er janvier 2002, date officielle à laquelle "la référence de temps de travail hebdomadaire sera fixée à 35 heures". Le retard de formation que le ministère a lui- même provoqué ces dernières années, notamment en ce qui concerne les infirmières, n'explique pas l'insuffisance des embauches. Des travailleurs, même non qualifiés, le ministère peut en trouver tout de suite, les embaucher d'abord, les former ensuite. Que dans chaque établissement, on voie arriver 11 % de camarades de travail en plus devrait être un préalable au passage aux 35 heures.

Or, c'est tout le contraire que le gouvernement a prévu. Chaque établissement devra d'abord réorganiser le travail, les horaires, service par service, avant de quémander quelques emplois auprès de son ARH (Agence régionale de l'hospitalisation), en apportant les preuves qu'il a rentabilisé au mieux le personnel existant. Pour cette "réorganisation", le gouvernement compte beaucoup sur les négociations décentralisées, établissement par établissement, avec les syndicats locaux.

En guise de "cadrage juridique national", le texte de Guigou instaure l'annualisation du temps de travail sur la base de 1 600 heures par an, comme la loi Aubry dans le privé, même si des aménagements vont un peu diminuer ce chiffre dans la réalité. Les quelques garde - fous mis en place par le texte donnent une idée de ce à quoi risque de ressembler notre planning annuel : semaines allant jusqu'à 48 heures, moyenne hebdomadaire allant jusqu à 44 heures sur un cycle de travail pouvant couvrir jusqu'à 12 semaines, selon le service, la fonction occupée, au choix de la direction. La flexibilité, déjà poussée assez loin dans bien des hôpitaux, en passant outre les roulements réguliers sur quinze jours qui étaient traditionnels, est présentée comme une avancée progressiste à généraliser.

Et la réduction du temps de travail, dans tout ça ? Eh bien, une grande partie des heures dues à ce titre s'accumuleront sur un compte épargne - temps où elles resteront bloquées au moins jusqu au 1er janvier 2004. Quelques jours de congé annuel non - pris pourront tomber dans les mêmes oubliettes ! Pourtant, la réduction du temps de travail devrait nous donner tout simplement une journée de repos supplémentaire par quinzaine, c'est ce que souhaitent la plupart des hospitaliers.

Quant aux collègues de nuit qui ont officiellement les 35 heures depuis 1994, ils ne bénéficieront pas de la même réduction du temps de travail puisqu'ils passeront à 32 h 30 à partir du 1er janvier 2004.

A ce jour, la CGT et SUD s'opposent à ce texte. FO et la CFTC se sont joints à eux pour appeler à la grève le 20 septembre. Quant à la CFDT, le secrétaire général de la fédération santé - sociaux, Chérèque, s'est dit globalement satisfait. Le ministère a fixé au 27 septembre la date à laquelle les fédérations syndicales doivent se prononcer. Il espère bien sûr mouiller quelques syndicats, au moins de cadres, dans son opération. Ensuite, il compte bien mouiller encore plus les syndicats au niveau local, sous prétexte de préserver des "acquis locaux", même ceux dont les dirigeants fédéraux n'auront pas signé l'accord national.

Les travailleurs hospitaliers, eux, ont pourtant vraiment intérêt à ne pas se laisser diviser, à défendre leurs intérêts collectifs, contre la flexibilité, pour une embauche massive et immédiate. Le 20 septembre peut avoir ce sens.

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