Le duel Chirac-Jospin : Ces comédiens qui nous gouvernent20/07/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/07/une-1723.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Editorial

Le duel Chirac-Jospin : Ces comédiens qui nous gouvernent

La campagne électorale des présidentielles aurait commencé le 14 juillet avec le discours de Chirac et les réponses des ministres de Jospin. Fonds secrets servant à financer les voyages personnels de Chirac d'un côté, laxisme du gouvernement envers la sécurité de l'autre, voilà les arguments des deux plus hauts responsables politiques du pays.

Mais les grands problèmes des travailleurs ne figuraient pas dans ce qui n'a été qu'une mascarade.

Les problèmes que se posent les travailleurs, ce sont les licenciements et les fermetures d'entreprises par des groupes financiers dont les bénéfices sont florissants.

La loi Guigou, qui a donné lieu à un pseudo-affrontement entre le Parti Communiste et le Parti Socialiste pendant deux semaines pour, finalement, ne rien changer d'essentiel, n'a pas empêché et n'empêchera pas à l'avenir un seul licenciement. Tout au plus donnera-t-elle aux travailleurs jetés à la rue un ou deux mois de plus pour se faire une raison.

Pendant ce temps-là, Chirac et Jospin s'envoient tout à la tête sauf l'essentiel. Essentiel sur lequel ils sont fondamentalement d'accord.

Par exemple, Chirac n'a pas reproché à Jospin d'avoir voté le PARE qui contraindra les chômeurs à accepter des emplois mal payés et ne correspondant pas du tout à leurs qualifications, sous peine de perdre leurs droits aux indemnités de chômage.

Et ce sera, par contrecoup, une pression sur les revenus de tous les salariés. En effet, le patronat pourra proposer des emplois au SMIC avec des conditions de travail à prendre ou à laisser à tout chômeur envoyé par l'ANPE. Si ce dernier refuse trois fois, il n'aura plus d'indemnités. Alors pourquoi les patrons paieraient-ils plus que le SMIC pour n'importe quel emploi, s'ils sont assurés de trouver des salariés qui seront contraints d'accepter n'importe quel travail à n'importe quel prix, plutôt qu'être sans ressources.

Tous les travailleurs, même ceux des entreprises florissantes, sont des chômeurs en sursis. Et la persistance du chômage, même déguisé en stages, en emplois-jeunes, en emplois précaires ou en emplois à temps partiel non choisi, fait pression à la fois sur les revenus de tout le monde du travail et sur les conditions de travail.

Les travailleurs et les classes populaires en général le sentent tous. Ils savent qu'ils n'ont rien à attendre de la droite mais ils commencent à savoir de plus en plus qu'ils n'ont rien à attendre non plus de la gauche.

Dans toutes les consultations électorales les abstentions augmentent, mais le fait le plus significatif est qu'elles augmentent plus dans les quartiers populaires que dans les autres. Un fait non négligeable aussi est que les scores de Lutte Ouvrière, qui étaient encore marginaux il y a quelques années, augmentent de plus en plus, traduisant le fait que les travailleurs ne se sentent pas défendus par les différentes variantes de la gauche gouvernementale.

Evidemment, les élections sont une façon de faire connaître son mécontentement. Mais elles ne suffisent pas.

C'est au travers des luttes que le rapport de forces entre le monde du travail et la classe patronale peut changer. Pas simplement des luttes défensives des travailleurs licenciés qui se battent le dos au mur. Ce sera au travers de luttes d'ensemble de la classe ouvrière se battant pour l'abolition du secret commercial et du secret bancaire, pour la possibilité pour les ouvriers et les employés de rendre public ce qu'ils savent des entreprises et des banques. Et l'on verra alors d'où vient l'argent, où il va et ce que l'on vole aux classes laborieuses. Et c'est bien plus que tous les fonds secrets passés, présents et à venir car les principaux fonds secrets sont ceux des grandes banques et des grandes entreprises volés aux travailleurs.

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