Bata Moussey - Moselle : À la veille des congés, l'angoisse de l'avenir20/07/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/07/une-1723.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Bata Moussey - Moselle : À la veille des congés, l'angoisse de l'avenir

Le 13 juillet, deux administrateurs judiciaires ont été nommés par le tribunal suite à la mise en cessation de paiement de l'entreprise. Dans un courrier adressé aux 875 travailleurs de l'usine de Moussey, le PDG de Bata, Van der Ster, conclut : " Une forte mobilisation des pouvoirs publics et de tous les acteurs économiques est indispensable pour rechercher des solutions qui permettront de sauvegarder un maximum d'emplois ". En clair, Bata se défausse sur les pouvoirs publics.

Depuis le 2 juillet, la reprise du travail est toute théorique, personne n'ayant le coeur à travailler alors que toute l'usine va peut-être fermer et que, en tout état de cause, des centaines d'entre nous risquent de n'avoir comme avenir que l'ANPE. La moitié seulement de la production sort des ateliers, au grand dam d'une partie des chefs et des cadres qui, s'ils étaient nombreux avec nous pendant la grève fin juin, interviennent de plus en plus pour dire qu'il faut travailler pour ne pas faire fuir d'éventuels repreneurs. La CGC s'en fait l'écho au sein de l'intersyndicale, et même la CFDT - qui la dirige de fait - répète " plus ça tournera, plus nous aurons de chance de préserver d'emplois ".

Pour l'instant, les plans de reprise éventuels maintiendraient sur le site 250 emplois sur 875. Mais la plupart des travailleurs sont méfiants. Il faut dire qu'on voit tous les jours ce qui se passe dans la chaussure où, de plan de reprise en plan de reprise, les usines finissent par fermer comme cela a été le cas pour Myris et bien d'autres.

Le 13 juillet, le jour de la nomination par le tribunal des administrateurs judiciaires chargés de faire un état des lieux, nous étions 200 à manifester à Metz. D'autres travailleurs sont allés manifester sur le parcours du Tour de France qui passait dans la région, décernant à Bata le " maillot jaune des licenciements ".

Tout le monde s'attend à un plan " social " au moins équivalent à celui de 1997 qui avait concerné près de 300 ouvriers, même si les administrateurs judiciaires ont affirmé qu'il n'y aurait pas de licenciements pendant les congés qui débutent le 20 juillet.

La veille, un CE extraordinaire se déroulera, suivi d'une AG où les administrateurs viendront prendre la parole.

Nombreux sont ceux qui souhaiteraient partir mais avec de l'argent. Des travailleurs évoquent une prime de licenciement de 10 000 à 20 000 F par année de présence dans l'entreprise, avec un plancher pour ceux qui ont moins d'ancienneté.

Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il faudra faire payer Bata, et garantir notre avenir, et le groupe richissime en a largement les moyens. Les salaires de tous les travailleurs de Moussey représentent - cotisations sociales comprises - moins de 0,9 % du chiffre d'affaires annuel du groupe au niveau mondial. Alors garantir les salaires de tous jusqu'à la retraite (et c'est dans pas très longtemps puisque l'âge moyen des salariés est de 42 ans) ne mettrait sûrement pas la multinationale Bata sur la paille.

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