Etats-Unis : Liberté pour Mumia Abu Jamal !08/06/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/06/une-1718.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans le monde

Etats-Unis : Liberté pour Mumia Abu Jamal !

Les organisations de soutien à Mumia Abu Jamal, à qui les autorités américaines refusent toujours la révision de son procès, appellent le mercredi 4 juillet (jour de la fête nationale américaine) à faire de leur rassemblement hebdomadaire devant le consulat des Etats- Unis un rendez-vous important pour tous ceux qui veulent arracher Mumia à la prison et à la menace d'une exécution.

Ces organisations signalent que la nouvelle équipe d'avocats qui assure la défense de Mumia a pris une série d'initiatives en versant de nouveaux témoignages au dossier. Figurent, entre autres, ceux de Mumia et de son frère, donnant sous serment leur version des événements au cours desquels le policier Faulkner a été tué. Un autre témoignage provient d'une personne appelée Beverly qui aurait reconnu avoir tiré sur le policier. Invoquant ces éléments, les avocats de Mumia demandent sa libération immédiate et réclament l'audition et la confrontation de tous les témoins. Ils exigent que le dossier détenu par le FBI sur le policier Faulkner leur soit communiqué.

Jusqu'à présent les autorités qui maintiennent sous les verrous Mumia, cet ancien militant des Blacks Panthers condamné à mort à l'issue d'un procès truqué, avaient refusé de lever le moindre voile sur les fondements de leurs accusations.

L'émotion suscitée dans différents pays par l'affaire Mumia, les protestations, rendent sans doute difficile son exécution. Mais il ne suffit pas d'ajourner régulièrement l'échéance tragique, il faut que le procès soit révisé et que Mumia Abu Jamal soit libéré.

$Algérie : les foyers de tensions se multiplient

A quelques jours du jeudi 14 juin, où devait avoir lieu une nouvelle manifestation à Alger, des manifestations mais aussi des affrontements se sont multipliés dans diverses villes de Kabylie, mais aussi dans d'autres régions de l'Est du pays.

A Khentchella, une ville située dans l'Est des Aurès, un incident mineur, survenu samedi 9 juin entre un militaire et une jeune femme, a entraîné une manifestation de plusieurs centaines de personnes qui ont attaqué le siège de la préfecture. Les brigades anti-émeutes de la police ont fait usage des armes à feu et une balle perdue a tué une femme de cinquante ans tandis qu'une trentaine de jeunes ont été blessés. La presse fait état dans la même région de multiples incidents y compris dans des petites villes.

A Annaba, une grande ville de la côte Est, c'est la pénurie en eau potable qui, à l'approche de l'été, a entraîné des manifestations de jeunes avec barrages routiers et barricades.

Le mécontentement lié à une situation sociale qui se dégrade depuis des années, l'hostilité au gouvernement en place, l'exaspération face à des corps de répression brutaux et méprisants marquent le mouvement jusqu'à ce jour, bien plus, semble-t-il, que les revendications concernant les droits culturels, voire l'aspiration à plus d'autonomie du peuple berbère. Mais il est bien difficile de savoir quel rôle jouent aujourd'hui les différents courants politiques qui interviennent dans ce mouvement dont le moteur est la révolte de jeunes qui ne veulent plus du présent ni de l'avenir que leur proposent les dirigeants au pouvoir, et qui n'acceptent plus la misère qu'on leur impose, à eux et à leur famille, pendant qu'une minorité de privilégiés vit dans une richesse indécente.

Pour le moment, le RCD de Said Saadi semble avoir du mal à récupérer le crédit que sa participation au gouvernement lui a fait perdre parmi la jeunesse, l'intelligentsia et les classes populaires kabyles. Le FFS d'Aït Ahmed paraît disposer encore d'une présence militante et d'une réelle audience au sein du mouvement. Il développe jusqu'à ce jour une propagande visant à mettre en cause l'ensemble de la politique du gouvernement en expliquant que les problèmes posés par la jeunesse de Kabylie sont les problèmes de toute l'Algérie. Mais ses dirigeants restent bien sur le terrain du réformisme et de la mise en place d'un régime parlementaire qu'ils voudraient plus démocratique sans proposer qu'on touche à la richesse des privilégiés. Les quelques récits et témoignages qu'on peut lire montrent aussi l'importance de mouvements nationalistes kabyles dont certains mettent en avant la revendication de l'indépendance de la Kabylie.

Mais ce n'est pas dans ces directions que la jeunesse de Kabylie parviendra à se donner les moyens de changer en profondeur la société algérienne. Les responsables de la situation catastrophique dans laquelle vivent les classes populaires de l'ensemble de l'Algérie, ce sont bien sûr les tenants du pouvoir. Bouteflika (ou ses semblables qui peuvent demain lui succéder) agissent sur le devant de la scène pendant que les sommets de l'armée détiennent la réalité du pouvoir. Mais ce sont aussi tous ces bourgeois algériens qui ont fait fortune dans l'ombre de l'Etat en trafiquant sur les exportations pétrolières et sur les importations de produits qui sont revendus sur le marché intérieur à des tarifs prohibitifs pour l'immense majorité de la population. La bourgeoisie algérienne et ses alliés dans les classes capitalistes des puissances impérialistes s'enrichissent de la misère du peuple algérien.

Et c'est à tout ce fonctionnement de la société que la jeunesse d'Algérie devra s'en prendre si elle veut changer son sort. Et c'est d'ailleurs pour cela que le combat que les classes populaires d'Algérie -dont des centaines de milliers vivent ici, parmi nous - ont à mener est le même que celui que nous avons à mener ici aussi.

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