Inondations dans la vallée de la Somme : Chirac et le gouvernement ne se mouillent pas04/05/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/05/une-1712.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Inondations dans la vallée de la Somme : Chirac et le gouvernement ne se mouillent pas

Depuis plus d'un mois maintenant, 114 communes sont inondées entre Amiens et la baie de la Somme, 2 800 maisons sont touchées et plus d'un millier de personnes ont été évacuées. On ne sait trop quand les eaux se retireront. L'inondation, disent certains, pourrait durer jusqu'au début de l'été, c'est-à-dire encore deux mois.

Les nappes phréatiques débordent, les marées pour peu qu'elles soient importantes accentuent la montée des eaux et les averses succèdent aux averses. Pour ceux qui s'accrochent à leurs demeures inondées (et où iraient-ils pour la plupart ?), la vie devient un enfer. Les égouts et les fosses septiques débordent. Les rats ont fait leur apparition. Plus rien pour se laver, pour aller aux toilettes ; plus de gaz, plus d'électricité, plus d'eau... potable.

Face au désatre qui frappe des milliers de personnes, l'attitude du gouvernement a été des plus timorés, à la limite même de l'indécence. Il a fallu attendre quatorze jours, après que l'eau a commencé à monter, pour que Jospin annonce une commission d'enquête (!) et une aide d'urgence de 600 000 F. Dix jours après le gouvernement a octroyé vingt millions aux communes sinistrées, puis dix millions supplémentaires sept jours plus tard. Tout cela est peu, bien peu, une goutte d'eau dans l'océan des besoins.

A ce mépris affiché, ont succédé les petites chamailleries entre Chirac et Jospin. Le premier a tenté d'opposer sa compassion à la froideur du second en recevant, à grand renfort de caméras, des élus de son bord de la région, venus dénoncer "l'insuffisance" des aides gouvernementales. Chirac leur a fait des déclarations faussement attendries et d'autant plus hypocrites qu'elles n'ont été accompagnées d'aucune exigence concrète pour les sinistrés.

Qu'on en juge, Chirac s'est contenté de téléphoner au président de la Commission européenne pour étudier avec lui des mesures d'aides européennes face aux inondations. Plusieurs pistes auraient été envisagées, notamment le report du délai pour l'envoi des formulaires PAC que les agriculteurs doivent remplir avant le 30 avril, s'ils veulent bénéficier des aides de la politique agricole commune.

Pour se satisfaire de telles mesures Chirac est aussi pingre que Jospin. D'ailleurs, quand il s'agit de résoudre les problèmes des plus démunis, les uns et les autres, les Chirac et les Jospin, prennent leur temps et regardent à deux fois avant de débloquer les aides.

Même les dernières mesures du gouvernement, comme la livraison de maisons préfabriquées tout équipées, arrivent bien tard et sont bien insuffisantes face à l'ampleur des besoins. Et que dire aussi de la mise en service tardif des pompes à haut débit dont on découvre l'existence des semaines après le début des inondations ?

Ce n'est pas que l'argent manque, mais les fonds dont devraient bénéficier les sinistrés, ne serait-ce que pour soulager leur détresse, sont réservés en priorité à d'autres, en particulier au patronat pour lequel Chirac et le gouvernement ne comptent pas si chichement.

Partager