Angoulême : Contre la suppression de classes et de postes, parents et enseignants réagissent27/04/20012001Journal/medias/journalnumero/images/2001/04/une-1711.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Angoulême : Contre la suppression de classes et de postes, parents et enseignants réagissent

A Angoulême, la dernière semaine de classe avant les vacances de Pâques a connu différents mouvements de protestation contre la politique de l'administration.

Dans le primaire, des parents d'élèves, leurs associations et les instituteurs se sont mobilisés contre 36 suppressions de classes projetées par l'Inspection académique dans le département. Sous le sempiternel prétexte d'une légère baisse des effectifs, des classes doivent être fermées, notamment dans les quartiers populaires, alors que les enfants pourraient fort bien bénéficier de ces baisses d'effectif pour avoir un meilleur encadrement. A Soyeux, où quatre classes sont menacées, une cinquantaine de personnes se sont réunies pour rédiger une motion. A La Couronne, les parents d'élèves ont envahi l'école pour s'opposer à une suppression de classe. Le président des parents d'élèves a déclaré : "On sait qu'un enfant sur cinq arrive au collège avec des difficultés de lecture. La première violence, c'est l'échec scolaire et on commence à voir perler à La Couronne des problèmes de délinquance".

Une manifestation devant l'Inspection d'académie a réuni une centaine de personnes.

Dans les collèges du centre-ville, deux débrayages ont eu lieu en riposte à des attaques contre des auxiliaires. Dans l'un d'eux - Jules Verne - professeurs et parents d'élèves se sont mobilisés contre la suppression d'un poste de conseiller principal d'éducation (CPE) occupé par un auxiliaire. Le principal revenant d'un congé de longue maladie, l'administration décidait de supprimer le poste du CPE et suggérait au jeune collègue concerné... de s'inscrire au chômage.

Indignés, les professeurs et les parents d'élèves rendaient l'affaire publique. Après avoir fait signer une pétition unanime, les enseignants n'assuraient pas leurs cours pendant deux heures et menaçaient de refaire grève. L'Inspection académique cédait alors, maintenant le collègue dans sa fonction jusqu'à la fin de l'année.

Dans un autre collège - Jules Michelet - une vive réaction eut lieu en solidarité avec un jeune professeur d'Éducation Physique et Sportive, embauché comme maître-auxiliaire sur un remplacement de longue durée. Brutalement, l'administration lui signifiait qu'il serait considéré désormais comme vacataire, c'est-à-dire payé à l'heure, sans rien toucher pendant les congés. Renseignements pris, plusieurs dizaines de jeunes sont victimes de cette mesure dans l'Académie de Poitiers.

Cette mise devant le fait accompli et cette nouvelle forme de précarité inquiétaient fortement les enseignants, à commencer par les auxiliaires de longue date. Au cours d'une assemblée qui s'est tenue jeudi 12 avril, une nette majorité se dégagea pour faire grève deux heures sur place.

Pour tous, au retour des vacances de Pâques, il reste à contrer la décision inadmissible du Rectorat.

Partager