Enseignement - Éducation nationale : Le mépris version Lang / Mélanchon07/07/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/07/une-1669.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Enseignement - Éducation nationale : Le mépris version Lang / Mélanchon

Lorsque Lang et Mélenchon sont arrivés au ministère de l'Education nationale, ils n'ont pas manqué de déclarer qu'avec eux, ce serait le dialogue, la discussion sur tous les problèmes... Histoire de marquer leur différence avec Allègre. Ils sont arrivés, rappelons-le, après plusieurs semaines de grève chez les enseignants qui refusaient les réformes d'Allègre. Ce dernier est parti, Lang et Mélenchon ont joué du sourire mais les propositions d'Allègre sont quasiment restées, même si le nouveau ministre déclarait comprendre le mécontentement des enseignants, le justifiait même (ne lui devait-il pas sa place de ministre ?).

Les réformes restaient, seule la méthode changerait, a-t-on voulu faire croire aux enseignants. Eh bien non ! Le mépris de Lang et Mélenchon ne vaut pas mieux que celui d'Allègre. Preuve en est : la question du paiement des journées de grève. Si les personnels de l'Education nationale sont partis en grève, c'est bien parce qu'ils ont été contraints : la qualité de l'enseignement était revue à la baisse et leurs conditions de travail se voyaient dégradées. Le paiement des jours de grève allait donc de soi pour les grévistes, d'autant plus que le changement ministériel apparaissait comme un désaveu d'Allègre.

Sur cette question pourtant, plus de deux mois après la fin de la grève, c'est toujours le flou artistique mais qui comporte des mesures déjà prises qui sont tout-à-fait scandaleuses.

Oralement, le ministère avait dit qu'il n'y aurait pas de retenue pour ce qui précédait le 13 avril (rencontre avec les syndicats). Deux journées ont malgré tout été prélevées. Puis c'est le " gel ". Sous prétexte que le SNETAA (syndicat spécifique aux lycées professionnels qui s'était prononcé contre la grève) demande le prélèvement des jours de grève, la décision est renvoyée au ministère de la Fonction publique. Aujourd'hui, les directives sont annoncées : retrait d'un minimum de trois jours... et c'est aux recteurs qu'est donné le pouvoir de retirer davantage ou pas ! Non seulement trois c'est trop, mais les retraits varieraient d'un rectorat à l'autre ! Cette annonce, venue tard, est encore peu connue, mais le mécontentement qu'elle a suscité est d'autant plus grand qu'on commence aussi à apprendre des cas de retenues inadmissibles qui concernent essentiellement des non-titulaires, donc des personnels sous-payés par rapport aux titulaires. Ainsi certains précaires se sont vu retirer sur un seul mois jusqu'à dix jours de grève (5 000 F environ), pratique jamais vue dans l'Education nationale ! La raison invoquée est que l'organisme payeur n'est pas le même et que l'ordre de gel est arrivé trop tard ! Ce qui est sûr, c'est que certains chefs d'établissement ont fait preuve d'empressement, et que les autres n'ont pas fait d'excès de gel pour corriger...

Que l'on s'en prenne plus durement aux précaires a de quoi choquer. Les titulaires y sont d'autant plus sensibles aujourd'hui, que bien souvent un collègue sur trois est un précaire. Dans bien des établissements, malgré l'éparpillement dû à l'approche des vacances, se mettent en place des réseaux téléphoniques pour être au courant de tout retrait sur salaire, mais surtout pour garder le contact avec les précaires qui ne savent pas fin juin avec certitude où ils seront à la rentrée et surtout s'ils auront un poste !

A la rentrée, il sera nécessaire de faire le point. Retenues pour grève, mais pas seulement. La situation, faute de réels moyens, ne peut que se dégrader ce qu'illustre, entre autres, le développement de la précarité.

Partager