Hôtel des finances Créteil : La lutte continue17/03/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/03/une-1653.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Hôtel des finances Créteil : La lutte continue

A l'hôtel des finances de Créteil, suite à une semaine de grève fin janvier, nous avions repris le travail avec l'intention de nous mobiliser en nous appuyant sur les nouvelles journées d'action. Après le succès de la manifestation nationale des agents de finances à Bercy le 3 février, les syndicats programmaient un nouveau temps fort... pour le 16 mars. Heureusement, les agents des impôts n'ont pas attendu cette date pour entrer dans l'action. Le jeudi 9 mars, les entrées de l'hôtel des finances de Créteil ont été bloquées. Cependant c'est sans consulter les agents de Créteil, et en particulier les 300 agents du Trésor Public, que l'action de blocages des portes a été organisée par le SNUI (syndicat des impôts lié à SUD et qui ne syndique que des travailleurs des impôts). Du coup beaucoup d'agents sont rentrés chez eux et le lendemain 80% des agents se sont déclarés non-grévistes. Malgré tout cela, toute la journée du 9 mars plus de 200 personnes sont restées sur le parvis devant l'entrée, chantant et dansant. Des délégations du CHU Mondor et de La Poste de Créteil, eux aussi en mouvement, sont venus nous rendre visite, et nous leur avons rendu la pareille. L'échange a été bien accueilli par les travailleurs dans les deux sens. Le lendemain le SNUI a enlevé les chaînes mais le mouvement ne s'est pas arrêté pour autant.

A une vingtaine, nous avions décidé de nous retrouver le lendemain à 6 heures, à l'embauche des informaticiens. La direction, craignant un nouveau blocage de l'entrée, a commencé par refuser d'ouvrir la grille. Comme nous déclarions que la direction lock-outait et affirmions que nous voulions simplement rentrer travailler, la direction a fini par ouvrir. Mal lui en a pris car nous avons immédiatement envahi le centre informatique et bloqué du coup les ordinateurs de toute la région. Un piquet de grève a été décidé et mis en place immédiatement.

Dans tous les postes, les écrans ne fonctionnant pas, les agents appelaient pour savoir ce qui se passait et après nos explications envoyaient des délégations au piquet de grève.Puis nous avons décidé en assemblée générale à 13 heures de bloquer le centre informatique en nous relayant par tournée au piquet de grève, ce qui a continué les jours suivants.

Chaque jour, la décision est reconduite en assemblée générale de grévistes par une centaine de salariés.Un grand nombre de travailleurs tournent, alternant jours de grève et jours où ils se déclarent au travail mais n'oublient pas de passer au piquet et aux nouvelles. Le piquet est un centre de discussions permanentes autour de la tasse de café. On y a comenté le premier recul de Sautter annonçant qu'il retirait son plan puis sa nouvelle annonce selon laquelle il le rétablissait à la demande de Jospin, enfin l'annonce de la rupture des négociations par les syndicats.

L'ambiance est bonne. Bien que tous les agents ne soient pas en grève, les travailleurs de Créteil ont le moral et se sentent encore pleins d'énergie pour faire céder le gouvemement.

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