Voir : Le dîner d'Ettore Scola25/02/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/02/une-1650.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Divers

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Une histoire qui n'a l'air de rien, à peine une histoire, quelques heures passées un soir, dans un restaurant de Rome, à aller de table en table, de la salle aux cuisines. Quelques instants saisis de la vie de ceux qui vont se rencontrer, se quitter. Beaucoup de rires, quelques larmes. Mais à travers cette ronde c'est une belle tranche vie avec un " V " majuscule que nous offre Ettore Scola.

Avec délicatesse, on entre peu à peu dans la peau de tous ces personnages qui, au fil du temps, deviennent plus fragiles, plus complexes, plus humains. Car c'est un peu une parabole sur la vie qui nous est contée là, le temps qui passe, la fragilité des sentiments, l'espoir du bonheur.

Mais c'est aussi, à travers les diatribes d'un professeur de philosophie pris dans un piège sentimental, tout le dégoût que peut ressentir l'auteur pour les idées prétendument nouvelles qui ne sont là que pour glorifier la loi du fric et du marché. Et puis, derrière les cris de ce chef-cuisinier si amoureux de la bonne cuisine, on distingue d'autres choses : la nostalgie des temps où le mouvement ouvrier était une force, et même l'amertume de voir que plus personne ne connaît le nom de Lénine.

Tout est dit sur un ton cocasse et goguenard, sans vulgarité, avec des propos qui font mouche. Ettore Scola a beaucoup de tendresse pour les personnages qu'il fait défiler devant nous. Et s'il y a une morale dans ce film, elle est sur le mode humaniste. Enfant féru de technique comme vieillard lettré, tous ont soif de rêves, de beauté et d'absolu.

Alors on peut aller déguster sans arrière-pensée Le Dîner que nous offre Ettore Scola, à condition d'y aller après le repas si on ne veut pas succomber à la tentation de la belle cuisine qui défile devant nous.

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