Jospin parle de baisses d'impôts : Des promesses électorales28/01/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/01/une-1646.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Leur société

Jospin parle de baisses d'impôts : Des promesses électorales

Jospin a voulu faire fort en annonçant 120 milliards de baisses d'impôts. C'est le chiffre prévisionnel qu'il a transmis à la Commis-sion européenne pour les trois années à venir, comme les Etats de l'Union européenne sont tenus de le faire, en vertu du pacte de stabilité.

Mais, au-delà de l'effet d'annonce sur lequel joue le Premier ministre, le détail des mesures envisagées montre que les baisses ne seront pas si importantes que cela et que la majorité de la population n'en tirera guère de bénéfice.

La baisse est en effet cumulée sur trois ans, de 2001 à 2003, soit 40 milliards par an. Et il ne s'agit pas d'une baisse des impôts, mais des " prélèvements obligatoires ", qui regroupent à la fois les prélèvements de l'Etat, de la Sécurité sociale et des collectivités locales. Ils seraient ramenés de 45,3 % du PIB (produit intérieur brut) national en 1999 à 43,7 % en 2003.

Les dépenses de l'Etat, selon ces prévisions, ne progresseraient que de 1 % en trois ans (ce qui signifie moins de service public) et celles de l'assurance maladie de 4,5 %. Il y a déjà une filouterie à additionner et pondérer des dépenses aussi différentes que celles de la Sécurité sociale et celles du ministère de la Défense, ou les aides au patronat issues de toutes sortes de budgets. Car il y a les dépenses utiles à la population et les dépenses dans l'intérêt exclusif des trusts : augmentation et réduction y prennent des significations complètement antagoniques.

Or si l'on regarde, par exemple, les prétendues baisses d'impôts des derniers budgets 1999 et 2000 (50 milliards au total), on voit que la plus grosse part s'est faite au profit des patrons : 10,4 milliards de baisse de taxe professionnelle, 12,4 de réduction de l'impôt sur les sociétés. Quant à la baisse de la TVA sur les travaux d'entretien du logement, c'est un cadeau de l'Etat aux entrepreneurs du bâtiment, cadeau qui ne changera pas grand-chose pour les petits propriétaires et locataires.

Par cette prétendue baisse des impôts, Jospin affirme vouloir revenir au niveau de ce qu'ils étaient en 1995. C'est l'aveu que depuis lors les impôts ont énormément augmenté.

Encore faudrait-il que ces annonces de baisse des impôts n'aient pas le même sort que celles faites en leur temps par Balladur et Juppé. Car eux aussi, avant les élections de 1995 et de 1997, avaient annoncé des réductions de 20 et 25 milliards d'impôts. Ce qui ne les avait pas empêchés de perdre ces élections... et de ne plus avoir à rendre de comptes sur ces beaux projets.

Les 120 milliards de Jospin ont eux aussi ce caractère d'annonce à but électoraliste. Les impôts diminueront-ils vraiment, et surtout pour qui ? Cela reste du domaine des promesses électorales qui, c'est connu, n'engagent que ceux qui veulent bien y croire.

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