Centres de Sécurité sociale : Il faut embaucher !28/01/20002000Journal/medias/journalnumero/images/2000/01/une-1646.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Centres de Sécurité sociale : Il faut embaucher !

Après les Caisses d'Allocations Familiales, c'est au tour des Caisses Primaires d'Assurance Maladie, c'est-à-dire des centres de " Sécu ", de crouler sous les dossiers en retard. Les suppressions d'emplois qui ont cours depuis des années se sont accélérées sous prétexte de la mise en place de la carte Vitale qui devait faciliter les traitements des dossiers, mais peu de médecins, d'hôpitaux, de labos, etc., l'utilisent. Alors, les retards s'accumulent : on parle de plus de 3 millions de dossiers en souffrance en Ile-de-France, mais il en est de même dans beaucoup de Centres de province. Il y a, par exemple, 300 000 dossiers en retard à Annecy, 60 000 à Carcassonne, etc. Et puis, depuis le 1er janvier 2000, la mise en place de la Couverture Maladie Universelle (CMU), censée assurer les remboursements des soins aux personnes en grande difficulté, ajoute un surcroît de travail aux agents. Mais quelles que soient les raisons apparues récemment de ce retard, le vrai problème est le manque de personnel : ceux qui partent en préretraite ou en retraite n'étant pas remplacés.

Du coup, des mouvements de grève ont éclaté dans le Val-d'Oise, à Paris et dernièrement à la CPAM (Caisse Primaire d'Assurance-Maladie) du Val-de-Marne pour demander des embauches.

A la CPAM du Val-de-Marne, début janvier il y avait environ deux mois de retard dans le traitement des prestations. La direction a demandé la création de 100 postes supplémentaires au ministère. Mais seuls 5 CDI et 13 CDD ont été obtenus.

Devant cette situation, l'ensemble des syndicats employés et cadres ont appelé à la grève le 12 janvier. C'est plus de 80 % de l'effectif dans le centre de paiement et plus de 60 % des services administratifs qui ont fait grève. 38 centres sur 39 étaient fermés. Lors d'un Conseil d'Administration, 300 agents ont occupé le siège de la CPAM à Créteil pour réclamer des effectifs supplémentaires.

Un tel mouvement, où les chefs de centre étaient grévistes eux aussi, ne s'était pas vu depuis 1968.

Face à cette situation, la direction de la CPAM du Val-de-Marne a mobilisé tout le personnel pour traiter les dossiers avec pour conséquence la fermeture des centres de paiement. Ce qui ne fait que repousser le problème. Et puis cela détériore encore plus les relations des assurés sociaux avec la Caisse. Surtout que la direction de la CPAM a ordonné de traiter en priorité les remboursements aux professionnels de santé. Mais les agents demandent que la priorité soit accordée aux assurés.

En 15 ans, près de 1 000 emplois ont été supprimés à la CPAM du Val-de-Marne. Mais à l'heure actuelle, le ministère fait la sourde oreille quant à l'embauche conséquente que ce soit dans les CPAM ou dans les CAF. Il voudrait faire en sorte que la production par agent augmente et boucher quelques trous au coup par coup en embauchant quelques CDD.

Ça, c'est l'objectif du ministère mais les agents ont bien l'intention de l'obliger à changer de politique.

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