Contre le chômage et la précarité, manifestons le 11 décembre !10/12/19991999Journal/medias/journalnumero/images/1999/12/une-1639.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Tribune de la minorité

Contre le chômage et la précarité, manifestons le 11 décembre !

Le gouvernement vient d'annoncer son " paquet-cadeau " en faveur des plus démunis : l'augmentation de 2 % au 1er janvier (au lieu des 0,8 % prévus) des trois principaux minima sociaux, une prime de fin d'année de 1 000 à 2 900 F selon la composition des foyers (contre quelque 1 000 F attribués à certains les années précédentes), l'effacement des dettes fiscales de ceux qui de toutes façons ne peuvent plus rien payer ! Et pas seulement leurs impôts ou redevance télé. Au total, cela représenterait une enveloppe de 2,7 milliards contre 1 milliard que Jospin avait consenti en 1998, face au mouvement des chômeurs.

Le " cadeau " est dérisoire. Les responsables d'associations de chômeurs l'ont immédiatement souligné, calculant que les 2 % d'augmentation représentaient à peu près 1,70 F par personne et par jour, soit une demi-baguette de pain. Moins même, si on compte que 0,8 % étaient déjà acquis. Ce serait donc plutôt un quart de baguette, un croûton de pain, qui plus est attribué après des démarches et paperasses à remplir qui dissuaderont ceux qui n'ont plus le ressort de s'adresser aux services sociaux, aux comités et associations de chômeurs.

Et ces 2 milliards et quelques de francs que le gouvernement donne aux " pauvres ", c'est le centième de ce qu'il donne chaque année, en aides et subventions diverses, au patronat. Aumônes aux rejetés du système, prébendes à ceux qui s'en engraissent, ce sont les deux volets d'une même politique en faveur des riches et des possédants.

Car qui sont ces 3,3 millions de ménages, soit 6 millions de personnes, qui selon une étude récente vivent avec moins de 3 500 F par mois et dont le nombre a explosé depuis une vingtaine d'années ? Ni plus ni moins qu'une partie de ceux que les vagues ininterrompues de licenciement pratiqués par ces grandes entreprises qui font des profits ont laissé sur le carreau. Qui n'ont pas retrouvé d'emploi. Qui sont arrivés en fin de droits. Qui sont désormais allocataires d'un RMI ou d'une ASS. Mais ces entreprises qui procèdent depuis des années à environ 20 000 licenciements collectifs par mois, ont donc touché chaque année des centaines de milliards de l'Etat pour le faire. Elles y sont encouragées.

Et elles persistent dans cette politique dramatique pour toute la société. Drame qui n'a rien à voir avec le progrès technique. Drame qui vient de ce que le profit est l'unique but de la production. L'indice CAC 40 a grimpé de près de 40 % en un an ! " On commence à voir la vie en rose " dit Martine Aubry !

Et la situation a évidemment ses répercussions sur la situation de ceux qui travaillent. Il y a déjà tous ceux qui n'ont plus qu'un travail à temps partiel non choisi, ceux qui n'ont plus qu'un statut précaire - intérimaires, CDD ou " emplois-jeunes ". Autrement dit, qui n'ont pas un vrai salaire. Et l'extension de la précarisation s'accompagne pour tous, dans tous les secteurs, de l'aggravation des conditions de travail. Encore une fois avec l'aide financière et juridique de l'Etat.

En particulier de la prétendue loi des 35 heures dont la dernière mouture vient en seconde lecture au parlement, et pousse le bouchon au maximum pour laisser les mains libres aux patrons, y compris de ne plus payer le temps d'habillage en temps de travail. Et voilà ce à quoi l'écrasante majorité des députés dits de gauche renouvellera son approbation alors que l'écrasante majorité des travailleurs, sur le terrain, exprime son opposition ! Y compris par des débrayages et des grèves.

On voit aussi des luttes dans les services publics, tout particulièrement les transports et les hôpitaux, où la politique gouvernementale vise à supprimer des emplois.

Ces luttes auraient certainement une autre ampleur si ceux qui les animent, les dirigent bien souvent, militants syndicaux dont tout particulièrement de la CGT, liés à la politique du PC, voire du PS, n'avaient pas les ailes rognées du fait de la solidarité de leurs directions avec la politique gouvernementale.

Reste qu'à l'appel de la plupart des associations de chômeurs (sauf les comités CGT dont on se demande bien pourquoi ils ne saisissent pas l'occasion et appellent pour leur part le 14 décembre !) et de partis politiques qui avaient déjà appelé à manifester contre le chômage le 16 octobre (Parti communiste, Lutte Ouvrière, Ligue Communiste Révolutionnaire), nous devons être nombreux dans la rue le samedi 11 décembre prochain.

Si Martine Aubry a versé une aumône, c'est pour tenter de désamorcer la colère qui gronde. Ce n'est rien en soi, mais c'est le signe que le gouvernement n'est pas rassuré.

Tous ensemble, il faut demander avec les associations de chômeurs l'augmentation de 1 500 F des minima sociaux. Ce serait la moindre des choses. Mais tous ensemble, il faut aussi et surtout empêcher que patrons et Etat continuent à fabriquer des chômeurs à la pelle, leur imposer un plan de mesures radicales qui mettront fin au chômage, et déjà l'interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits et l'embauche dans les services publics.

Le succès de la manifestation de samedi prochain doit être une étape de la mobilisation ouvrière.

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