Violence à l'école : C'est la société qu'il faut changer03/12/19991999Journal/medias/journalnumero/images/1999/12/une-1638.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

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Violence à l'école : C'est la société qu'il faut changer

C'est chaque jour que, dans un certain nombre de collèges ou de lycées du pays, des incidents graves se produisent, mettant aux prises des bandes de jeunes entre elles, visant des élèves, des enseignants ou d'autres personnels de ces établissements.

En la matière, un rapport vient d'évaluer les résultats du dernier plan mis en oeuvre en 1998 par le gouvernement. Le bilan qu'il tire est que la violence à l'école s'est globalement stabilisée au niveau du pays ; en revanche elle a continué à augmenter dans la région parisienne.

Quelques moyens ont effectivement été donnés ici ou là, parcimonieusement ou à la suite d'incidents, et sous forme souvent de quelques aides-éducateurs non formés. Mais à côté de cela, la situation de ces jeunes n'a pas changé pour autant. Ils vivent dans les mêmes quartiers. Les conditions de vie de leurs familles n'ont pas changé.

Certains accusent les familles qui auraient démissionné devant les difficultés de l'éducation de leurs enfants. L'explication est simple, simpliste même. Mais elle évite de mettre en cause ceux qui portent la responsabilité d'avoir démoli depuis des décennies les conditions matérielles et morales dans de nombreuses familles ouvrières.

Dans les quartiers populaires, les demandeurs d'emplois sont toujours aussi nombreux. Quant aux conditions de travail, aux horaires et aux salaires, chacun sait qu'ils ne se sont pas améliorés. Seule une réelle évolution positive sur ces questions, s'ajoutant à de gros moyens pour les quartiers et les écoles, pourra remettre sur les rails nombre de jeunes et de parents.

En outre, il faut que la société puisse offrir à ces jeunes un avenir qui ne soit ni celui de l'embauche difficile et souvent inexistante ni de salaires au rabais.

Sinon, même avec des moyens supplémentaires, qui d'ailleurs se font attendre, pour parer au plus pressé on pourra peut-être surveiller davantage les actes de violence, se mettre un peu à l'abri - et encore -, mais on ne changera pas une situation qui transforme des établissements scolaires en ghettos prolongeant des quartiers où l'on retrouve les mêmes tensions, avec au mieux un mur ou une grille délimitant les uns des autres.

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