Le 11 décembre : Manifestons notre ras-le-bol03/12/19991999Journal/medias/journalnumero/images/1999/12/une-1638.gif.445x577_q85_box-0%2C13%2C166%2C228_crop_detail.jpg

Editorial

Le 11 décembre : Manifestons notre ras-le-bol

Dans bien des secteurs, la colère des travailleurs semble prête à éclater. On l'a vu mardi 30 novembre avec la manifestation des mineurs lorrains à Metz, à qui leur direction a annoncé 0 % d'augmentation en 1999, avec la manifestation des employés de banque pour le maintien de leur convention collective et avec les autres manifestations qui ont eu lieu dans le pays.

Un peu partout notamment des conflits éclatent pour protester contre l'application des 35 heures avec une flexibilité accrue des heures et des jours de travail, c'est-à-dire des conditions de travail empirées et surtout sans aucune création d'emplois. La grève la plus spectaculaire a été celle de la radio et de la télévision, mais il y en a eu d'autres.

On assiste à de plus en plus de réductions d'emplois dans les services publics.

A Paris, des services d'urgence sont en grève parce qu'on a fermé ceux d'autres hôpitaux, et les urgences sont dirigées vers les services qui fonctionnent encore, sans plus de personnel ni de lits pour les accueillir.

Dans les services publics, on manque d'effectifs, que ce soit pour nettoyer le métro, que ce soit pour assurer la sécurité dans la SNCF, et pas seulement contre les exactions mais aussi la sécurité du matériel. On manque de personnel dans les écoles et dans les collèges. En résumé, tout ce qui peut servir à la collectivité fait l'objet de réductions budgétaires.

Par contre, la manne des crédits se déverse toujours sur les grandes entreprises. Des milliards vont être versés au patronat, officiellement pour compenser des dépenses supplémentaires provoquées par l'application des 35 heures. Mais les 35 heures, les patrons ont fait en sorte de les appliquer sans dépenser plus en exploitant un peu plus leurs salariés.

Les grandes entreprises filialisent une partie de leurs activités, un département ou un service. Souvent c'est présenté comme des créations d'entreprises qui bénéficient des subventions des collectivités locales complices. Les services publics privatisent celles de leurs activités qui sont les plus rentables, et cela se traduit par des licenciements.

Des réductions d'emplois, des licenciements purs et simples, des fermetures d'entreprises sont toujours fréquents bien qu'on nous fasse miroiter une reprise économique qui ne profite qu'aux actionnaires.

Le nombre de contrats précaires, de contrats à durée déterminée, augmente constamment, au détriment des emplois stables.

Dans les quartiers populaires, les logements se dégradent faute d'entretien et la vie dans les banlieues empire faute de gardiens d'immeubles, d'employés municipaux, voire, pourquoi pas, de policiers proches de la population et respectueux de cette dernière. Il n'y en a que dans les quartiers riches.

Les pompiers, qui pourtant sont une profession utile s'il en est, voient eux-aussi leurs effectifs se réduire et leurs conditions de travail se dégrader.

Alors il y en a assez. La colère explosera un jour et vengera les travailleurs de tout ce que le patronat leur fait subir aujourd'hui.

Mais il faut commencer à se préparer maintenant.

Le Parti Communiste et d'autres organisations politiques, dont nous-mêmes, Lutte Ouvrière, appellent pour le samedi 11 décembre à des manifestations dans de nombreuses villes : contre les licenciements, pour prendre sur les profits pour créer des emplois, pour cesser les subventions de l'Etat aux grosses entreprises qui font déjà des bénéfices colossaux, afin d'utiliser ces sommes considérables pour que l'Etat et les collectivités créent directement des emplois dans les services publics indispensables à la population.

Il faut montrer que les travailleurs, la population laborieuse, les classes populaires en général, en ont assez d'une situation où il n'y en a que pour les riches.

Il faut montrer au patronat et au gouvernement que la colère gronde.

Alors, soyons nombreux dans la rue, le samedi 11 décembre.

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