Une vie toujours plus dure pour les pauvres

07 Février 2024

Au Sénégal comme dans toute l’Afrique, la vie devient de plus en plus difficile pour la population pauvre et l’on comprend pourquoi tant de jeunes risquent leur vie en tentant de fuir vers l’Europe sur des rafiots surchargés ou en traversant le Sahara.

À Dakar, la capitale sénégalaise, les inégalités ont explosé ces dernières années. Il existe certes toute une couche de bourgeois, plus ou moins grands, qui peuvent se payer des villas dans les beaux quartiers, se faire soigner dans des cliniques privées et envoyer leurs enfants étudier dans des écoles payantes. Mais, pour la majorité des habitants, les difficultés ne cessent de croître.

Dans leur journal Le pouvoir aux travailleurs en septembre dernier, nos camarades de l’Union africaine des travailleurs communistes internationalistes (UATCI – UCI) décrivaient ainsi cette situation :

« Les prix des denrées alimentaires ont monté en flèche, au lieu de baisser comme l’avait annoncé le gouvernement. Le kilo de sucre, qui valait 600 francs CFA l’an dernier, se vend aujourd’hui 800 chez les commerçants des quartiers populaires. Le litre d’huile, qui était à 1 200 francs, est aujourd’hui entre 1 500 et 1 800 francs selon les quartiers. Le kilo de riz, qui se vendait entre 400 et 450 francs, est vendu aujourd’hui entre 500 et 550 francs ».

Pour ce qui est des logements, c’est l’explosion des loyers, obligeant les familles populaires à s’exiler toujours plus loin de leurs lieux de travail : à Keur Massar, une banlieue populaire de la capitale où les loyers sont relativement moins élevés que dans d’autres endroits, le même appartement avec une chambre et salle de bain qu’on louait 25 000 francs CFA par mois est passé à 50 000 francs en un an. »

Face à cette explosion de leurs dépenses, les salaires que reçoivent les travailleurs n’augmentent pratiquement pas, et les nombreuses heures supplémentaires ne sont souvent pas payées. De toute façon, une part importante de la population n’a pas d’emploi fixe et ne vit que de petits boulots. Quant aux services publics, ils sont à l’abandon. Les hôpitaux sont des mouroirs pour pauvres et les écoles des fabriques à chômeurs. Encore n’est-ce là que la situation dans la capitale, car ailleurs elle est encore pire.

La vie devient impossible, et cette misère qui ne cesse d’augmenter est le carburant de toutes les révoltes, celle de l’été 2023 comme celles qui couvent aujourd’hui.

D. M.