Le poids croissant des grands groupes capitalistes

07 Février 2024

Beaucoup d’agriculteurs travaillent déjà pour de grands groupes industriels et s’engagent à suivre des protocoles très précis sur l’emploi de produits phytosanitaires, etc. Mais le nombre de paysans travaillant leur propre terre continue à diminuer. Seules 35 % des terres cultivables appartiennent aux agriculteurs qui les travaillent. Depuis 2010 plus particulièrement, d’importants groupes industriels de l’agroalimentaire achètent de grandes quantités de terres pour contrôler directement la production des matières premières. Ils viennent concurrencer les agriculteurs sur leur terrain, pouvant payer bien plus cher les terres qu’ils convoitent, disposant plus facilement de l’appui des banques et des pouvoirs publics même si, officiellement, l’État intervient contre la concentration des terres et est censé ­faciliter l’installation d’agriculteurs. Certains de ceux-ci, du fait des difficultés d’exploitation, louent même des terres à ces groupes.

Parmi ces grands groupes se trouve le groupe Euricom positionné sur le marché du riz, de l’orge, du colza et du blé avec 1 200 hectares en France qui s’ajoutent aux terres qu’il possède ailleurs. Chanel et l’Oréal achètent des hectares pour cultiver les fleurs dont ils ont besoin.

Ces grands groupes emploient des ouvriers agricoles et recherchent des rendements importants qu’ils obtiennent en augmentant la quantité d’engrais et de produits phytosanitaires.

Ce mouvement de concentration des terres, qui prend une nouvelle ampleur, renforce ainsi la dépendance de l’agriculture vis-à-vis de grands groupes capitalistes.

Inès Rabah