Italie : le gouvernement du côté des geôliers

07 Février 2024

La militante anarchiste italienne Ilaria Salis est détenue en Hongrie depuis un an. Elle est accusée d’avoir agressé trois militants néonazis au cours d’une manifestation, en février 2023. Incarcérée depuis, dans des conditions difficiles, elle risque jusqu’à onze ans de prison.

Les images de son arrivée au tribunal, pour la première partie de son procès, menottée, les pieds entravés et menée en laisse, ont particulièrement choqué l’opinion italienne, et les proches d’Ilaria Salis dénoncent des conditions d’enfermement particulièrement dures, sans accès aux soins et à un minimum d’hygiène.

L’enseignante s’était jointe au cortège antifasciste organisé à Budapest pour protester contre le Jour de l’honneur, manifestation de néonazis commémorant les actions des SS contre l’Armée rouge durant la Deuxième Guerre mondiale. Avec deux autres personnes, elle y aurait attaqué trois manifestants néonazis, qui étaient sur pied quelques jours plus tard, ce qui n’empêche pas le ministère public hongrois de l’accuser de tentative d’homicide et d’association de malfaiteurs.

Si la Hongrie d’Orban se montre prête à réprimer les militants antifascistes, le gouvernement d’extrême droite de Meloni, qui affiche volontiers son amitié avec Orban, n’est pas plus empressé de défendre Ilaria Salis. Ainsi, le ministre Tajani a dit du bout des lèvres qu’il fallait lui assurer des conditions de détention humaines, tout en s’empressant d’expliquer qu’Orban n’était pour rien dans les décisions de justice.

Les soutiens d’Ilaria ont demandé au gouvernement italien qu’il appuie leur demande pour la sortir de prison et pour qu’elle puisse attendre l’issue du procès en résidence surveillée en Italie, ou au pire à l’ambassade d’Italie en Hongrie. Bien qu’embarrassé, le gouvernement Meloni s’y est refusé sous différents prétextes. La réalité toute simple est que Meloni n’a nullement l’intention de se fâcher, ni avec Orban ni avec la partie la plus réactionnaire de son propre électorat, content de voir une politique répressive à l’œuvre contre les « rouges ».

Nadia CANTALE