Carte scolaire : le souci, économiser sur l’éducation

07 Février 2024

Comme chaque année, s’ouvre la période où sont publiées les « cartes scolaires » dans l’enseignement maternel et primaire, c’est-à-dire la liste des classes qui seront fermées, ou ouvertes, pour chaque département.

La justification avancée est, comme chaque année, la baisse du nombre de jeunes à scolariser. Elle serait de 2000 élèves dans les Hauts-de-Seine, ce qui est bien peu pour un département qui comprend près de 700 écoles maternelles et primaires !

Dans le Cher, 40 suppressions de classe ont été annoncées, dans le Vaucluse 40 suppressions également, en Meurthe-et-Moselle 54 suppressions, et on pourrait citer bien d’autres départements, tant est longue la liste des écoles menacées à la rentrée prochaine, menaces contre lesquelles parents et enseignants se mobilisent.

Il suffit qu’une classe passe en dessous d’un certain seuil, défini par le ­rectorat évidemment, pour qu’elle soit fermée. Cette baisse n’est la plupart du temps qu’une projection contestable, et d’ailleurs souvent contestée. Ainsi dans l’Orne, où la fermeture de 24 classes vient d’être annoncée, le président des maires du département dénonce le fait que la baisse des effectifs soit « calculée d’après des chiffres estimatifs et non des comptages précis ». Il rappelle que l’an ­dernier, l’Éducation nationale avait annoncé une chute importante du nombre d’élèves, « alors qu’au final le primaire avait enregistré une centaine d’élèves en plus ! »

Reste que cette baisse du nombre de jeunes scolarisés, quand elle est avérée, pourrait être l’occasion d’alléger les effectifs. Ce n’est pas le choix fait par les hautes instances de l’Éducation nationale, pour des raisons d’économies de postes évidentes. Le gouvernement peut toujours asséner des discours sur le niveau des élèves et la nécessité d’aider les plus en difficulté, tout le monde voit que l’intérêt pour l’éducation de la jeunesse est le dernier de ses soucis.

Aline RETESSE