Attal et les jeunes : marche au pas et tais-toi !

07 Février 2024

Attal a destiné une partie de son programme à la jeunesse, en développant le thème du « réarmement civique ».

Le Premier ministre n’a pas un instant envisagé de donner aux jeunes les moyens d’avoir des perspectives d’avenir. Il s’est exclusivement consacré à énoncer un arsenal de sanctions envers des jeunes délinquants ou simplement un peu hors des clous. Il a ainsi annoncé qu’il prévoyait de généraliser le service national universel (SNU) à la rentrée 2026, « pour permettre à tous les jeunes de faire nation », comprendre : marcher au pas cadencé.

Attal veut aussi réformer la justice pénale, qu’il juge trop favorable pour les mineurs délinquants : il prévoit ainsi pour eux la création de travaux d’intérêt éducatif dès l’âge de 13 ans, prenant modèle sur les travaux d’intérêt général (TIG) qui ne peuvent être imposés qu’à partir de 16 ans. Mais il envisage en plus d’infliger des TIG aux parents « qui se sont soustraits à leurs obligations parentales » pour leurs enfants supposés délinquants. Seraient donc visées, entre autres, les mères célibataires qui, à cause de leurs horaires pour le ménage des bureaux par exemple, partent avant 6 heures du matin ou rentrent trop tard pour s’occuper des enfants comme elles le voudraient.

Le ministre a aussi réponse à tous les maux concernant l’école : port de l’uniforme qui pourrait être généralisé en 2026, plus d’éducation civique, des sanctions plus fermes dans les établissements… jusqu’à la régulation des téléphones portables.

En conclusion, il veut « faire respecter l’autorité partout, dans les classes, dans les familles, dans la rue ». Attal raisonne en bourgeois, qui estime que seuls les gosses de riches des beaux quartiers doivent avoir droit à l’enseignement, et pas les gamins des cités populaires, qu’il suppose mal élevés par leurs parents et qu’il assimile à des délinquants.

Marianne LAMIRAL