“Simplification des normes”, ça profite à qui ?

31 Janvier 2024

Des petits agriculteurs mêlent leur voix à celle des gros du secteur pour dénoncer les réglementations environnementales qui par exemple leur imposent de ne plus utiliser certains pesticides toxiques, comme les néonicotinoïdes alors que cela les rend moins compétitifs.

Mais la responsabilité de cette pratique en revient avant tout aux trusts de la chimie comme Bayer. Ceux-là n’ont jamais vraiment mis des moyens financiers pour trouver des alternatives à leurs produits toxiques, devenus incontournables dans ce système et qui leur rapportent des profits énormes. Et bien sûr ni les gouvernements ni les institutions européennes ne leur ont jamais imposé de financer ces recherches en prenant justement sur ces profits.

Cela n’est pas surprenant : les règles qu’ils mettent en place ont bien souvent pour but de défendre les intérêts des capitalistes français et européens. Par exemple en 2023, l’État français a autorisé à nouveau l’emploi de la phosphine, un pesticide dangereux utilisé pour le stockage des céréales sur les bateaux, au grand bonheur des capitalistes du commerce des céréales, à commencer par le groupe français Louis Dreyfus. Ne cherchaient-ils pas à utiliser la guerre en Ukraine pour voler des parts de marché en Afrique à leurs « amis » ukrainiens.

Pour les capitalistes, simplifier les normes, cela veut juste dire : supprimer les règles qui les entravent dans la recherche du profit, mais bien sûr garder toutes les autres.

Arnaud LOUVET