Safran Gennevilliers : la face cachée

31 Janvier 2024

Les profits explosent dans le groupe Safran et les commandes affluent, portées par une « économie de guerre » prônée par Macron : 2 000 moteurs pour l’année 2024 !

Parallèlement les pressions s’accentuent sur les travailleurs, les conditions de travail se dégradent et les salaires plafonnent.

Ainsi à Gennevilliers, l’usine du groupe où les ouvriers forgent, fondent et usinent des aubes pour des moteurs d’avions, comme le M88, qui équipent les Rafale, les pressions de la hiérarchie sont constantes. Régulièrement, les équipes sont réunies pour entendre la même litanie des chefs d’ateliers : produire, produire, toujours produire.

Récemment, dans le secteur IT, ligne de Fonderie et Mécanique, les travailleurs ont eu droit à la grand messe d’un chef zélé : « On est dans le rouge. Il faut s’activer. Au Mexique, en Chine, en Pologne, ils sont bien meilleurs ! » Bref, un chantage grotesque avec une menace à peine masquée : si vous ne suez pas davantage de profit, on va être obligé de délocaliser. Et si le message passe mal, c’est un autre chiffon rouge qu’ils agitent : celui de l’ouverture d’une nouvelle fonderie cédée à la sous-traitance. Ce « management par la peur » passe très mal auprès des travailleurs.

Pour ce qui est des conditions de travail, ce n’est pas vraiment la classe affaires : au Traitement thermique et au Pré-usinage, on sent les odeurs des égouts depuis des mois, ce qui fait dire aux travailleurs : « Au lieu de nous pomper l’air, ils feraient mieux de pomper les égouts. » Il y a quelques semaines, l’allée des Forges a dû être condamnée à cause d’un incident sur un dépoussiéreur, l’air ambiant étant chargé en poussière métallique. Le problème, c’est que ce n’est pas la première fois que cela arrive, sans que la direction ferme les secteurs concernés. Quant aux douches, c’est soit la douche haute pression qui vous tanne la peau, soit le nettoyage à sec avec une goutte d’eau à la minute. Et en ce qui concerne les salaires, la direction propose royalement 1,6 % d’augmentation.

Tout cela provoque du mécontentement, d’autant plus que Safran vient de racheter 450 millions d’euros de ses propres actions avec un objectif : faire monter l’action à plus de 170 euros chacune. Une petite galette des rois offerte aux actionnaires !

Correspondants LO