Gaza : l’arme de la faim

31 Janvier 2024

Vendredi 26 janvier, l’UNRWA, l’organisme des Nations unies chargé des réfugiés palestiniens, licenciait neuf de ses employés pour enquêter sur leur éventuelle implication dans les attentats commis par le Hamas le 7 octobre 2023.

C’était une réponse aux accusations portées par les services israéliens contre douze de ses salariés.

Sans même attendre les résultats de l’enquête, les États-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et d’autres importants donateurs ont arrêté leurs versements à l’UNRWA. La France et l’Union européenne les ont suspendus en attendant une commission d’enquête sur l’éventuelle appartenance au Hamas de salariés de l’UNRWA. Pour ces grandes puissances, c’est épouser, une fois de plus, la cause de l’extrême droite israélienne en punissant des millions de Palestiniens au prétexte de combattre le Hamas.

L’UNRWA a été créé en 1949 par les Nations unies pour héberger dans des camps et nourrir les 800 000 Palestiniens chassés de leurs villages lors de la création de l’État d’Israël. La solution se voulait temporaire et les familles étaient secourues jusqu’à ce qu’elles puissent retourner chez elles. Bien loin de cela, et loin de la création de l’État palestinien promise par l’ONU, l’UNRWA a dû s’occuper de nouveaux réfugiés puis des Palestiniens des territoires occupés par ­Israël après 1967. Aujourd’hui cet organisme a la charge de près de six millions de personnes, avec un budget de presque un milliard de dollars, abondé en partie par les grands pays occidentaux. Plus de la moitié de ce budget sert à l’éducation des enfants et une bonne partie aux centres de santé dans les camps, à Gaza, en Cisjordanie et dans les pays limitrophes où sont regroupés des réfugiés.

Les 13 000 salariés de l’UNRWA à Gaza, sur un total de 30 000, constituent la principale organisation de santé publique. Couper les fonds de l’UNRWA, c’est priver les Gazaouis de pain, d’eau et de médicaments. C’est manifestement ce que souhaite le gouvernement de Netanyahou, et les grandes puissances l’y aident.

Paul GALOIS