Attal : catalogue antiouvrier

31 Janvier 2024

En poste depuis trois semaines, le Premier ministre Gabriel Attal a détaillé le programme de son gouvernement mardi 30 janvier. Le peu de mesures concrètes et précises, dans un flot de phrases creuses entendues mille fois, est un catalogue d’attaques contre les classes populaires.

Attal regrette que trop de travailleurs soient au smic. Il propose donc de réduire les cotisations patronales afin que d’éventuelles augmentations de salaires coûtent moins cher aux employeurs. Sauf que, laissées à la discrétion des patrons, les hausses de salaires ne seront pas nombreuses. D’autre part, le Premier ministre va généraliser les 15 heures de travail obligatoire pour les allocataires du RSA, augmenter la pression sur les chômeurs, « sans tabou » dit-il, remplacer l’allocation de solidarité spécifique que touchent les chômeurs en fin de droits par le RSA, c’est-à-dire réduire leurs ressources et, surtout, sabrer leur retraite future. On comprend donc mieux comment le Premier ministre veut parvenir à ce que le « travail paye plus que l’allocation » : en diminuant l’allocation !

Au passage, l’aide médicale d’État (AME), qui permet aux migrants un minimum d’accès aux soins, serait modifiée dans un sens plus restrictif. On ne pourra pas dire qu’Attal ne tient pas ses promesses, au moins celles qui sont faites aux réactionnaires les plus bas de plafond, ceux qui ont la haine des pauvres et des migrants pour toute morale.

Les autres questions se résolvent en un quart d’heure : pour le logement, les municipalités seraient autorisées à construire moins de logements sociaux ; les entreprises pourraient déroger au Code du travail ; quant à la santé, la seule mesure consisterait à faire payer les malades qui n’honorent pas leur rendez-vous. Quel que soit le sujet, c’est le petit qui trinque !

La jeunesse n’aura certes pas plus d’enseignants, mais elle pourra se consoler avec le SNU et l’uniforme, généralisés à partir de 2026, et se mettre au garde-à-vous devant l’autorité. Pour ceux qui contreviendraient aux lois de la République telles que définies par lui, Attal prévoit des placements en internat, des condamnations à des travaux d’intérêt général pour les « familles défaillantes » et, désormais, pour les enfants de moins de seize ans.

Son programme, avec son emballage patriotique criard, est en fait tourné vers les prochaines échéances électorales, et d’abord l’élection européenne du 9 juin. Il s’agit de faire pièce à la montée électorale du RN et, pour cela, comme dans la loi immigration, de reprendre son vocabulaire, ses obsessions et ses préjugés. C’est par là que le Premier ministre a terminé et c’est cela que ses deputés ont chaudement applaudi. On les comprend, il s’agit de leur gamelle menacée par la concurrence.

Paul GALOIS