Renault Technocentre Guyancourt : nouvelle convention, vieilles méthodes

24 Janvier 2024

Au Technocentre Renault de Guyancourt, dans les Yvelines, la direction a mis du temps avant de communiquer sur la nouvelle convention collective de la métallurgie. Or, depuis le 1er janvier, elle est appliquée.

Voulue par les patrons de l’IUMM, le syndicat patronal de la métallurgie, cette convention collective est une nouvelle attaque contre les travailleurs. Une des principales mesures consiste à classifier chaque emploi suivant une grille unique de notation allant de 6 à 60, de l’ouvrier à l’ingénieur. Les emplois sont répartis par niveau, allant de A1 à E10 pour les non-cadres et de F11 à I18 pour les cadres, correspondant chacun à un salaire minimum. Comme toutes les grilles, elles sont destinées à diviser les travailleurs. Libre à l’entreprise d’évaluer les emplois pour les classifier.

Pendant des mois, la direction du Technocentre a préparé sa déclinaison de la classification des emplois. Elle a commencé par réduire le nombre d’emplois différents. De près de 1 200 définitions d’emplois, elle est passé à un peu moins de 600. Puis elle les a notés un par un. Petite subtilité, une personne donnée a forcément une classification inférieure à celle de son chef.

La direction prétend que « rien ne change avec la nouvelle convention collective ». Or si, avec l’ancienne, le salaire dépendait du diplôme, de l’ancienneté et de l’expérience, avec la nouvelle, le salaire dépend principalement de l’emploi occupé, donc de sa classification. À l’automne, la direction avait commencé à communiquer l’ensemble des fiches d’emploi, charge à chaque travailleur de trouver la fiche qui lui correspondait. La grande majorité a vite compris que tout allait changer, mais personne ne s’y retrouvait et tous les travailleurs avaient l’impression d’y perdre au bout du compte.

Face au mécontentement, la direction a fini par communiquer individuellement les fiches d’emploi. Pour beaucoup, ce fut la douche froide. Les ouvriers, techniciens, secrétaires, cadres, tous ont obtenu une classification plus basse qu’espérée.

De toute façon, avec l’ancienne ou la nouvelle convention, face à l’inflation, à l’augmentation des prix des produits alimentaires et de l’énergie, les salaires sont à la traîne. Les travailleurs auront à lutter pour des augmentations importantes qui suivent la hausse du coût de la vie.

Correspondant LO