Renault – Cléon : une direction à l’offensive

24 Janvier 2024

Lundi 22 janvier, plusieurs dizaines de travailleurs de l’usine, accompagnés de nombreux militants CGT et SUD venus d’autres sites de Renault et d’autres entreprises de la région de Rouen, se sont rassemblés devant l’usine Renault de Cléon, en Seine-Maritime.

Les travailleurs tenaient à montrer leur colère après le licenciement d’un ouvrier de la Fonderie et, plus généralement, contre la politique de sanctions à tout-va de la direction.

L’usine produit des moteurs et des boîtes de vitesses pour l’ensemble du groupe Renault. Depuis le 1er novembre dernier, suite à la découpe du groupe, le site fait partie d’Ampere, la société dédiée à la production de moteurs et de véhicules électriques. Si la répression n’a rien de nouveau dans les ateliers, ces derniers temps tous se rendent compte d’une accélération. Brimades, convocations, avertissements et sanctions se multiplient. Si un travailleur s’oppose à ses conditions de travail ou à la hiérarchie, il est immédiatement convoqué.

Les mises à pied tombent rapidement et les licenciements aussi. Ainsi, un travailleur au Moteur électrique a été licencié car il avait enlevé ses gants pour mettre du scotch sur une pièce. Un autre ouvrier a été licencié après s’être blessé en débloquant une pièce. Un autre encore sous un faux prétexte de vol.

Pour ce militant ouvrier CGT du secteur de la Fonderie, Mathieu, qui a donc été licencié par la direction, elle a une nouvelle fois construit un dossier à charge à partir de rien. Devant cette injustice flagrante, plusieurs travailleurs du secteur Fonderie ont débrayé jeudi 11 janvier, pour l’accompagner à l’entretien avec la direction. Celle-ci a fait désactiver son badge quelques jours plus tard, le 18 janvier. Mais, pour les travailleurs, comme pour Mathieu, le combat contre son licenciement n’est pas terminé.

En tentant d’instaurer un climat de peur, l’objectif de la direction est clair pour bien des travailleurs. Avec la mise en place d’Ampere, elle entend leur imposer de nouveaux reculs, en augmentant les cadences, en imposant plus de flexibilité et la baisse des salaires. Elle veut aussi se débarrasser d’un maximum de travailleurs sans avoir besoin de recourir à des licenciements collectifs, en les poussant à la démission et par des licenciements individuels.

C’est à ce prix que de Meo, le patron des deux groupes Renault et Ampere, peut diminuer les coûts de production, c’est-à-dire augmenter la productivité pour enrichir toujours plus les gros actionnaires. C’est à cela que les travailleurs doivent s’opposer.

Correspondant LO