“Réarmement démographique” : des crèches, pas des canons !

24 Janvier 2024

« Travail, ordre, patrie » : il ne manquait plus à Macron que quelque chose ayant trait à « la famille » pour se positionner clairement dans le sillage des courants les plus réactionnaires de ce pays.

Avec l’injonction au « réarmement démographique de la France », c’est désormais chose faite. Mais une fois l’idée lancée, le président s’est senti tenu d’annoncer une mesure qui pourrait donner l’impression d’aider les parents. C’est finalement sur un projet déjà annoncé cet été que le regard présidentiel s’est posé : la réforme du congé parental. Seulement, il ne s’agit plus de le compléter, mais de le remplacer par un « congé de naissance », mieux rémunéré… mais beaucoup plus court.

Le niveau de l’indemnité n’a pas encore été fixé, mais il ne sera pas difficile de rémunérer le congé de naissance davantage que la formule actuelle, qui ne donne droit qu’à 429 euros par mois. En revanche, la réduction du congé, elle, est déjà connue : il passera de deux ans à six mois. La durée sera donc divisée par quatre, mais le montant sera-t-il quadruplé ? Il y a tout lieu d’en douter.

Cette réforme permettrait, prétend Macron, de moins éloigner les femmes du marché du travail, puisque les mères – qui sont celles qui prennent la plus grande part du congé parental – seraient alors obligées de retourner travailler au bout de six mois. Le féminisme a bon dos… d’autant que, dans les faits, réduire drastiquement la durée de ce congé risque de forcer bien des parents, et notamment des femmes, à démissionner faute d’autre solution pour la garde des enfants entre leur sixième mois et leur entrée à l’école maternelle, les services d’accueil et les assistantes maternelles étant déjà saturés.

Sacha Kami